Dans ce travail, l'auteure établit de nouvelles mesures du taux d'inflation tendanciel à partir des variations des composantes de l'IPC total, dans l'hypothèse où les variations extrêmes de certains prix traduisent des chocs d'offre temporaires et non la tendance fondamentale des prix. Le taux d'inflation tendanciel est mesuré par la médiane pondérée des variations des composantes de l'IPC total ou par la moyenne pondérée de leur distribution réduite d'un certain pourcentage de chaque côté, de sorte que les variations extrêmes sont éliminées du taux d'inflation mesuré par l'IPC total (ou leur effet atténué, dans le cas de la médiane pondérée).

Le profil d'évolution de ces nouvelles mesures sur la période d'observation ressemble à celui de la variation de l'IPC hors aliments, énergie et incidence des impôts indirects. Ce résultat est rassurant, car il signifie que, si l'une des nouvelles mesures représente effectivement le taux d'inflation tendanciel, l'indice de référence de la Banque du Canada aura été un bon indicateur dans la conduite de la politique monétaire. Il ressort en outre de cette analyse que le calcul de l'inflation tendancielle n'oblige pas à exclure de l'indice global les prix de tous les aliments, puisque près de la moitié d'entre eux ne varient pas beaucoup. En revanche, l'exclusion du prix de l'énergie est motivée par le fait que plus de 70 % des produits de l'énergie présentent de fortes variations de prix. Enfin, le prix du transport interurbain, le coût des intérêts hypothécaires et le prix des produits du tabac sont parmi les composantes les plus fréquemment éliminées des mesures de l'inflation tendancielle.