Ce matin, nous avons publié la neuvième livraison de notre Rapport sur la politique monétaire.

Depuis la parution du Rapport précédent, en novembre dernier, la situation économique et financière s’est beaucoup améliorée. En Asie du Sud-Est, les marchés financiers se sont stabilisés, et les perspectives d’une reprise graduelle sont bonnes. Au Brésil, les autorités ont adopté d’importantes mesures en vue de régler leurs difficultés. Dans l’ensemble, les marchés financiers internationaux semblent être mieux à même d’évaluer les risques. Les baisses de taux d’intérêt opérées par les banques centrales de tous les grands pays ont contribué à restaurer la confiance des investisseurs.

Dernièrement, la plupart des prévisionnistes ont revu à la hausse leurs estimations de la croissance de l’économie canadienne en 1999. À la Banque, nous avons aussi majoré nos prévisions; nous pensons maintenant que la croissance sera de l’ordre de 2 ¾ à 3¾ %. Nos projections qui s’approchent de la limite supérieure de cette plage dépassent la plupart des pronostics du secteur privé. Nous croyons en effet que les niveaux actuels de la compétitivité pourraient faire augmenter les exportations et diminuer les importations davantage que ne s’y attendent la majorité des prévisionnistes du secteur privé. Nous estimons que le rythme d’expansion économique en l’an 2000 sera très proche de celui que nous projetons pour 1999.

Le moteur de la croissance récente de l’activité au Canada a été les exportations. Le dynamisme de la demande américaine, la relative faiblesse du dollar canadien et la compétitivité accrue des manufacturiers canadiens permettent à notre pays de réaliser de très bonnes ventes aux États-Unis.

Cependant, nous nous attendons maintenant à un raffermissement des dépenses des entreprises et des ménages canadiens. Nous croyons que le regain de confiance observé au cours des derniers mois, l’amélioration de la situation de l’emploi et les réductions récentes des taux d’intérêt contribueront à soutenir la dépense intérieure.

Sur la foi de ces perspectives d’évolution, nous prévoyons que l’inflation mesurée par l’indice de référence devrait s’accélérer graduellement, mais se maintenir dans la moitié inférieure de la fourchette cible.

Enfin, je pense qu’il est important d’insister sur le caractère hypothétique des projections en matière de croissance et d’inflation, car bien des incertitudes subsistent sur la scène économique. L’un des principaux risques pesant sur les perspectives de l’économie mondiale concerne la disparité qui existe entre la tenue respective des grands pays industriels, particulièrement les États-Unis et le Japon. Au pays, les estimations de la capacité de l’économie de produire des biens et des services et de la marge de capacités inutilisées sont incertaines. C’est pourquoi la Banque accordera une importance accrue à l’évolution d’un ensemble d’indicateurs susceptibles de la renseigner sur le degré des pressions qui s’exercent sur la capacité de production de l’économie. Nous entendons surveiller notamment les mouvements du taux d’inflation observé par rapport au taux attendu, l’expansion de la monnaie et du crédit, les pressions sur les salaires et les signes de goulots d’étranglement du côté de l’offre, et tenir compte des renseignements fournis par nos représentants régionaux.