Le gouverneur Gordon Thiessen a parlé aujourd'hui de la voie que devrait emprunter le Canada pour préserver l'expansion que connaît actuellement l'économie du pays et améliorer sa tenue à long terme; il a insisté notamment sur la nécessité, pour cela, de récolter certains des gains susceptibles de découler de la révolution technologique qui balaie présentement la planète.

M. Thiessen a déclaré qu'un taux d'inflation bas et stable est essentiel à la solidité de la structure économique; il a précisé qu'en mettant l'accent sur la stabilité des prix, la Banque vise à réduire les torts que l'inflation cause à l'économie et à atténuer les fluctuations du cycle économique. Il a ensuite souligné le succès remporté par les cibles de maîtrise de l'inflation depuis leur adoption. « Cela fait maintenant neuf ans que les cibles sont en place; non seulement le taux fondamental de l'inflation a été beaucoup plus bas durant cette période que pendant les deux décennies précédentes, mais aussi le rythme de l'activité a été moins variable d'un trimestre à l'autre. »

Par ailleurs, le gouverneur a fait valoir qu'il importe de tenir les finances publiques bien en main et rappelé les progrès remarquables accomplis ces dernières années dans la réduction des déficits publics et de la taille de la dette nationale par rapport à l'économie. Néanmoins, le ratio dette/PIB du Canada est encore élevé, a-t-il ajouté, et « [...] tant que ce ratio reste plus élevé que celui de la plupart des autres grandes nations industrielles, nous courons le risque d'être pointés du doigt par les investisseurs la prochaine fois qu'il y aura des secousses sur la scène économique internationale ». Il importe aussi de trouver un bon équilibre entre le niveau de taxation et celui des services fournis par l'État, a poursuivi le gouverneur. Ce dernier a ensuite affirmé qu'un « secteur financier stable et novateur peut également être un atout en canalisant les flux financiers de façon efficiente vers les secteurs où ils seront le plus utiles ».

M. Thiessen considère que tous ces éléments favoriseront la mise en place d'un climat propice au changement, dans lequel les entreprises pourront « prendre les décisions innovatrices, parfois risquées, qui sont nécessaires à l'amélioration de la productivité et de [leur] position concurrentielle [...], si nous voulons relever les défis du progrès technologique et de l'ouverture grandissante des marchés mondiaux et bénéficier des avantages qu'ils procurent ». Pour cela, il suggère que nous déployons davantage d'efforts pour accroître notre capacité d'adaptation au changement et nous doter d'une main-d'oeuvre plus qualifiée par le biais d'une meilleure formation, notamment en milieu de travail.