La Banque du Canada publie aujourd'hui sa livraison semestrielle du Rapport sur la politique monétaire. Dans ce document, la Banque examine les tendances économiques et financières en regard de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

Au cours de l'été, les signes indiquant que le ralentissement économique en Amérique du Nord serait plus prononcé et durerait plus longtemps que prévu ont commencé à s'accumuler. Les attentats terroristes survenus aux États-Unis ont accentué la faiblesse et l'incertitude qui caractérisent les perspectives de croissance de l'économie mondiale et de l'économie canadienne. La croissance devrait être à peu près nulle ou légèrement négative au Canada au second semestre de 2001.

Au delà des répercussions immédiates, il est très difficile d'évaluer l'ampleur et la durée des conséquences économiques des attentats terroristes perpétrés aux États-Unis. La rapidité avec laquelle les niveaux d'activité se redresseront et la croissance économique redémarrera dépendra essentiellement de l'évolution de la situation géopolitique et du moment où la confiance des ménages et des entreprises aux États-Unis et au Canada reviendra à la normale.

Étant donné le caractère inhabituel de l'incertitude qui règne actuellement, la Banque ne présente pas ses prévisions habituelles, mais plutôt une évaluation des perspectives de l'économie canadienne fondée sur des hypothèses de travail. Ces hypothèses sont qu'il n'y aura pas de nouvelle escalade importante du terrorisme et que le niveau de confiance des ménages et des entreprises retournera à la normale au second semestre de 2002.

Selon les hypothèses de travail de la Banque et compte tenu des mesures monétaires et budgétaires fortement expansionnistes qui ont été mises en place, le rythme d'expansion de l'activité s'accélérera tout au long de 2002 pour atteindre quelque 2 % au premier semestre puis 4 % au second, dépassant alors le taux d'augmentation de la production potentielle.

Le taux d'augmentation de l'indice de référence devrait tomber à environ 1 1/2 % au second semestre de 2002, en raison de l'accroissement des capacités excédentaires. Celui de l'IPC global devrait aussi glisser l'an prochain sous 2 %, le point médian de la fourchette de maîtrise de l'inflation visée par la Banque, si les cours de l'énergie restent aux niveaux affichés au début de septembre ou en deçà.

Cette évaluation des perspectives de l'économie canadienne guidera la Banque, à mesure qu'elle disposera de nouvelles données sur l'économie, dans les décisions qu'elle prendra concernant l'orientation à imprimer à la politique monétaire.