Les résultats de modèles macroéconométriques donnent à penser que la courbe de Phillips des salaires peut être représentée par une relation négative entre le taux de variation des salaires et le taux de chômage, à condition d'inclure un terme relatif à l'inflation retardée. La plupart des modèles théoriques de détermination des salaires, cependant, produisent une « courbe des salaires » définie par une relation négative entre le niveau des salaires réels et le taux de chômage. La dynamique des salaires réels a des implications importantes quant aux répercussions des chocs sur l'augmentation globale des prix à la consommation et pour la détermination du taux de chômage naturel. Dans cette étude, l'auteur examine la dynamique globale des salaires au Canada et vérifie si les niveaux des salaires réels et du chômage sont liés en longue période. Il constate qu'une simple courbe de Phillips agrégée des salaires décrit toujours assez bien le comportement global des salaires au Canada. Les observations microéconomiques ne valident toutefois pas sans équivoque une spécification au détriment de l'autre; elles font plutôt émerger une dynamique des salaires plus complexe, dont rend mieux compte une structure de correction des erreurs. Les variations salariales réagissent aux fluctuations à court terme du taux de chômage, tout au long de leur ajustement vers un niveau d'équilibre à long terme du genre de celui que décrit un modèle relatif à la courbe des salaires.