La Banque du Canada publie aujourd'hui sa livraison semestrielle du Rapport sur la politique monétaire. Dans ce document, la Banque examine les tendances économiques et financières au regard de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

Les perspectives de l'économie canadienne se sont nettement améliorées depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire de novembre dernier. En effet, les données relatives au quatrième trimestre de 2001 et au premier trimestre de 2002 indiquent que la reprise s'est amorcée plus tôt et qu'elle est beaucoup plus vigoureuse qu'on ne s'y attendait.

La Banque prévoit maintenant que la croissance économique du Canada au premier semestre de 2002 se situera entre 3 ½ et 4 ½ % en taux annualisé. Au deuxième semestre de 2002 ainsi qu'en 2003, l'économie devrait poursuivre son expansion à un rythme supérieur à celui de sa capacité de production. On s'attend donc à ce qu'elle tourne à pleine capacité au second semestre de 2003.

À la lumière de ces perspectives, la Banque a commencé à réduire la forte détente monétaire au sein de l'économie en relevant, le 16 avril dernier, le taux cible du financement à un jour de 25 points de base, pour le porter à 2,25 %.

Des risques et des incertitudes considérables demeurent néanmoins. L'important assouplissement monétaire opéré pourrait pousser la croissance de l'activité au Canada au-delà de ce que la Banque projette. Par contre, la progression de la dépense des ménages pourrait ne pas être aussi robuste que prévu, si le dynamisme récent observé à ce chapitre s'avère tenir encore plus qu'on ne le suppose à des dépenses anticipées. Il subsiste également de l'incertitude quant au moment et à l'ampleur de la relance des investissements des entreprises et des exportations, et l'on ignore quelles répercussions la situation au Proche-Orient aura sur les cours du pétrole brut et l'économie mondiale.

Le défi que les autorités monétaires doivent relever d'ici la fin de cette année et en 2003 est d'aider l'économie à atteindre son plein potentiel, et à s'y maintenir, en veillant à ce que la cible de maîtrise de l'inflation de 2 % visée par la Banque soit réalisée. Pour ce faire, il faudra réduire, en temps opportun et avec mesure, la forte détente monétaire en place à l'heure actuelle.