La Banque du Canada publie aujourd'hui la Mise à jour de la livraison d'octobre du Rapport sur la politique monétaire, dans lequel elle examine les tendances économiques et financières dans l'optique de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

Le taux d'inflation mesuré par l'indice de référence a été supérieur aux attentes ces derniers mois. Ce résultat est attribuable non seulement à un relèvement plus important que prévu des primes d'assurance automobile et d'assurance habitation, mais aussi à une certaine généralisation des pressions sur les prix, elle-même due à la forte demande au sein de l'économie. En se fondant sur l'analyse des données relatives à l'inflation et celle d'autres mesures des pressions se faisant sentir sur l'appareil de production, la Banque est d'avis que l'économie tournerait actuellement plus près des limites de sa capacité qu'elle ne l'avait d'abord cru.

Au second semestre de 2002, le rythme de croissance de l'économie canadienne s'est ralenti pour revenir à un niveau proche de celui de la production potentielle, évalué à 3 %. Ce ralentissement résulte des incertitudes régnant sur les scènes financière et géopolitique et de la faiblesse de l'économie mondiale. Dans son scénario de référence concernant les perspectives de croissance économique du Canada, la Banque prévoit que la demande se renforcera au second semestre de 2003 et dans les premiers mois de 2004, après un premier semestre où l'économie aura tourné légèrement en deçà des limites de sa capacité.

Selon nos projections actuelles, le taux d'augmentation de l'indice de référence et celui de l'IPC global baisseront durant l'année à mesure que l'influence des facteurs ponctuels s'estompera, mais ils se situeront probablement encore un peu au-dessus de 2 % à la fin de 2003. La hausse de l'IPC global continuera de dépendre du comportement des cours du pétrole brut. Si ces derniers devaient demeurer à leurs niveaux actuels, soit un peu plus de 30 $ É.-U. le baril, l'inflation mesurée par cet indice pourrait atteindre entre 4,0 et 4,5 % au premier trimestre de 2003. Par contre, s'ils devaient redescendre au second semestre, le taux d'augmentation de l'IPC global fléchirait pour se rapprocher de celui de l'indice de référence.

Comme les conditions monétaires sont actuellement très expansionnistes, une réduction de la détente en place sera nécessaire pour que l'inflation revienne à la cible de 2 % à moyen terme. La Banque tiendra compte d'un certain nombre d'éléments pour déterminer le rythme auquel elle majorera ses taux directeurs. Même si la hausse récente de l'inflation résulte en bonne partie de facteurs ponctuels, on ne peut exclure la possibilité que les pressions de la demande soient en train de s'intensifier. De plus, il se pourrait qu'une inflation qui dépasse de façon persistante la cible de 2 % entraîne une augmentation du taux d'inflation tendancielle attendu. Par ailleurs, bien que les conditions financières se soient améliorées, la confiance des entreprises et des investisseurs reste fragile en raison du climat géopolitique incertain. Enfin, l'évolution de la situation au Proche-Orient pourrait se répercuter sur la demande et l'inflation, tant à l'échelle internationale qu'au Canada.