La Banque du Canada a annoncé aujourd'hui qu'elle relève le taux cible du financement à un jour de un quart de point de pourcentage pour l'établir à 3 %. Elle augmente également de un quart de point de pourcentage les limites de la fourchette opérationnelle pour ce taux, ainsi que le taux officiel d'escompte, qui passe à 3 1/4 %.

Les données relatives aux prix à la consommation publiées depuis la dernière date d'établissement des taux directeurs de la Banque, le 21 janvier, indiquent que l'inflation mesurée tant par l'indice de référence que par l'IPC global demeure bien au-dessus de la cible de 2 % que vise l'institution. Si les taux d'inflation dépassent systématiquement la cible depuis quelques mois, cela s'explique non seulement par les cours plus élevés que prévu du pétrole brut et du gaz naturel, mais aussi par la poursuite du relèvement des primes d'assurance automobile et par les pressions qui s'exercent sur les prix dans des secteurs tels que le logement, l'alimentation et certains services. De façon plus générale, comme il est précisé dans la Mise à jour de janvier du Rapport sur la politique monétaire, le fait que les augmentations des prix relatifs se répercutent autant sur les mesures de l'inflation tendancielle traduit la vigueur sous-jacente du processus d'établissement des prix.

L'expansion de l'économie canadienne s'est modérée au dernier trimestre de 2002, en grande partie sous l'effet du fléchissement des exportations, notamment des expéditions de produits automobiles vers les États-Unis. Toutefois, la progression de la demande intérieure finale, en particulier celle de la dépense des ménages, est restée vigoureuse. En raison des révisions à la hausse apportées aux mesures de la croissance économique au Canada aux trimestres précédents, le niveau de l'activité était légèrement plus élevé à la fin de 2002 qu'on ne s'y attendait. Conséquemment, l'économie canadienne fonctionne encore près des limites de sa capacité de production. Dans ces circonstances, le maintien de l'inflation à des taux supérieurs à la cible a accru le risque d'une montée des attentes d'inflation.

L'évolution très incertaine du contexte géopolitique et de l'économie mondiale continue de peser sur les perspectives à court terme. Néanmoins, la Banque s'attend à ce que la demande de produits canadiens reprenne au second semestre de 2003 et en 2004, à mesure que les incertitudes sur la scène internationale s'estomperont. Compte tenu des pressions inflationnistes internes, des prévisions selon lesquelles l'économie canadienne continuera de tourner à un rythme proche de celui de son potentiel en 2003, du caractère expansionniste de la politique monétaire et de l'amélioration des conditions sur les marchés des capitaux, la Banque a décidé de relever le taux cible du financement à un jour.

Comme l'indique la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire, de nouvelles réductions du degré de détente monétaire seront nécessaires pour ramener, à moyen terme, l'inflation à la cible visée. Le moment et le rythme des relèvements des taux directeurs dépendront encore d'un certain nombre de considérations. Parmi elles, mentionnons la force des pressions de la demande, l'évolution des attentes d'inflation, les répercussions sur la confiance de l'incertitude liée à la situation géopolitique et à l'économie mondiale, et l'incidence qu'aura la tournure des événements au Proche-Orient sur la demande et l'inflation, à l'échelle tant mondiale que nationale. La Banque continuera de suivre de près tous ces facteurs.

Note d'information :

La prochaine date d'établissement des taux directeurs de la Banque est le 15 avril 2003.
Le prochain Rapport sur la politique monétaire sera publié le 23 avril 2003.