La Banque a publié aujourd'hui la livraison d'avril du Rapport sur la politique monétaire, dans laquelle elle examine les tendances économiques et financières au regard de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

L'économie canadienne continue de s'ajuster à l'évolution de la conjoncture internationale, notamment au raffermissement de la demande mondiale, au renchérissement des produits de base et au réalignement des monnaies (y compris du dollar canadien). De plus, les pays à marché émergent, en particulier la Chine et l'Inde, contribuent à intensifier la concurrence à laquelle nos produits font face, mais ils représentent aussi de nouveaux débouchés pour ces produits.

Ces changements exigent un déplacement de l'activité entre les secteurs et obligent de nombreuses entreprises à s'adapter. La politique monétaire facilite cet ajustement en apportant un soutien à la demande globale, afin d'amener l'économie à se maintenir à un niveau proche des limites de sa capacité et l'inflation à s'établir au taux visé.

L'économie canadienne a été secouée par un certain nombre de chocs en 2003. Par conséquent, même si la reprise de l'activité s'est généralisée à l'échelle internationale et que les produits de base ont renchéri, le taux de la croissance au Canada était inférieur à la fin de l'année à celui que prévoyait la Banque dans le Rapport sur la politique monétaire d'octobre dernier. Selon des données préliminaires, la progression se serait établie tout juste en deçà de 3 % au premier trimestre de 2004. La Banque est d'avis que l'appareil de production fonctionne nettement au-dessous des limites de sa capacité.

Les prévisions de la Banque en matière d'expansion économique et d'inflation au pays n'ont pratiquement pas changé depuis la publication de la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire en janvier dernier. La croissance de l'économie canadienne devrait s'établir aux alentours de 2 3/4 % en moyenne en 2004, puis se hisser à environ 3 3/4 % en 2005. Cette croissance proviendra principalement de la demande intérieure privée, elle-même stimulée par la détente monétaire et la solide confiance des entreprises et des consommateurs. Une telle progression permettrait à l'économie de tourner à nouveau près de son plein potentiel d'ici le troisième trimestre de l'an prochain. On prévoit que l'inflation mesurée par l'indice de référence — qui exclut les huit composantes les plus volatiles de l'indice des prix à la consommation et l'effet des modifications des impôts indirects sur les autres composantes — se chiffrera en moyenne à 1 1/2 % durant le reste de l'année. Puis, à mesure que les capacités inutilisées seront absorbées, le taux d'accroissement de cet indice devrait remonter à 2 % avant la fin de 2005.

La façon dont notre économie s'ajustera à l'évolution de la conjoncture mondiale demeure la principale incertitude entachant ces perspectives. Dans l'ensemble, les risques qui pèsent sur celles-ci semblent équilibrés.