L'auteure s'attache à mesurer l'ampleur des transferts de dépenses imputables aux variations du taux de change. Pour ce faire, elle élabore et estime un modèle structurel à prix rigides autorisant une facturation dans la monnaie des pays producteurs et dans celle des pays importateurs. Elle s'efforce de recueillir des indications empiriques sur la valeur des avantages que procureraient les régimes de changes flottants en favorisant des transferts de dépenses. Elle entend prendre ainsi part au débat en cours sur le choix d'un régime de change optimal. Dans le modèle, la taille des transferts de dépenses dépend du degré de rigidité des prix, de la proportion des entreprises qui fixent leurs prix dans la monnaie de leur pays d'attache plutôt que dans celle de leurs clients étrangers, de la marge de distribution et du niveau de substituabilité des biens échangeables produits localement et importés. L'auteure estime son modèle pour trois petites économies ouvertes : l'Australie, le Canada et le Royaume-Uni. Selon les résultats empiriques, les transferts de dépenses des agents nationaux sont plutôt faibles au Royaume-Uni, mais relativement importants au Canada; la marge de distribution étant particulièrement élevée au Royaume-Uni, l'ampleur des transferts de dépenses attribuables aux variations du taux de change nominal s'y trouve limitée. En Australie et au Canada, les transferts dont sont responsables les distributeurs étrangers sont plutôt modestes, car une bonne partie des entreprises résidentes facturent leurs exportations dans la monnaie des pays importateurs.