Pour parvenir à un rétablissement complet, le système financier mondial devra être doté de marchés clés ouverts en permanence, a soutenu le gouverneur de la Banque du Canada, M. Mark Carney, dans un discours qu'il a prononcé aujourd'hui devant la Chambre de commerce Canada – Royaume-Uni. Même lorsqu'ils sont soumis à des tensions, les marchés clés tels que ceux des prêts interbancaires, du papier commercial et des pensions destinés à des titres de grande qualité doivent demeurer liquides.

Dans ce qu'il a qualifié de « point de vue serein et essentiellement optimiste sur la manière de créer des marchés durables à l'ère du capital mondial », M. Carney a signalé que le plan d'action du G7 fournissait des balises traditionnelles afin de rouvrir les marchés. Il a suggéré en outre que les banques centrales fassent office de teneurs de marché de dernier ressort. Ainsi, l'importance systémique des marchés augmenterait et celle des institutions diminuerait, a expliqué le gouverneur.

Tout en soulignant les avantages que la finance axée sur les marchés présentaient pour le système financier mondial, M. Carney a mentionné trois faiblesses importantes – un manque de transparence, des motivations incompatibles et une liquidité insuffisante – auxquelles il fallait remédier. Ces faiblesses ont entraîné la défaillance de marchés clés, ce qui a aggravé la crise financière à l'échelle du globe, a-t-il ajouté.

Le gouverneur a indiqué que, si le système financier canadien a manifestement été touché par la crise, les répercussions de celle-ci ont été considérablement moindres chez nous qu'au sein de nombreuses autres grandes économies. « Notre expérience prouve que la stratégie mise de l'avant par le G7 portera ses fruits », a-t-il affirmé. Il a toutefois fait remarquer que l'économie canadienne a été fortement ébranlée par un resserrement des conditions du crédit découlant de la crise financière mondiale, de l'aggravation de la récession à l'échelle internationale ainsi que d'une détérioration connexe des termes de l'échange du Canada attribuable à un recul des cours des produits de base. La résultante des risques entourant la croissance et l'inflation au pays, qui avaient été cernés dans la livraison d'octobre du Rapport sur la politique monétaire de la Banque, semble s'être inscrite en baisse, a poursuivi M. Carney.

L'expérience du Canada montre que si « c'est d'abord à l'intérieur de nos frontières qu'une bonne réglementation financière doit éclore, il est tout aussi clair qu'elle ne doit pas s'y limiter. Même si le système national est robuste, il n'existe aucune garantie que les marchés financiers clés seront toujours disponibles, a précisé le gouverneur. Il y a un besoin pressant d'institutions financières internationales qui surveillent efficacement le risque systémique et coordonnent la réforme des politiques macroprudentielles et financières ».