La Banque du Canada a annoncé aujourd'hui qu'elle abaisse le taux cible du financement à un jour de un demi-point de pourcentage pour le ramener à 1/2 %. Elle réduit également de un demi-point les limites de la fourchette opérationnelle pour ce taux, ainsi que le taux officiel d'escompte, qui s'établit maintenant à 3/4 %.

Les perspectives économiques à l'échelle du globe ont continué de se détériorer depuis la publication de la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire en janvier dernier, l'activité au sein des grandes économies se révélant plus faible que prévu. La nature de la récession aux États-Unis, dont les secteurs de l'automobile et du logement sont fortement déprimés, est particulièrement préoccupante pour le Canada.

La stabilisation du système financier mondial demeure une condition préalable à la reprise économique au Canada et à l'étranger. La mise en oeuvre à point nommé dans certains grands pays de plans ambitieux visant à régler le problème des actifs toxiques et à reconstituer le capital des institutions financières sera déterminante à cet égard.

Les données des comptes nationaux pour le quatrième trimestre de 2008 et d'autres indicateurs de la demande globale portent à croire qu'au Canada le recul de l'activité économique sera plus marqué et l'écart de production plus prononcé au premier semestre de 2009 qu'on ne l'escomptait en janvier. Des retards possibles dans la stabilisation du système financier mondial, ainsi que des répercussions plus importantes que prévu de l'érosion de la confiance et des effets de richesse sur la demande intérieure, pourraient faire en sorte que l'écart de production ne commencera pas à se résorber avant le début de 2010. Ces facteurs laissent entrevoir un profil d'évolution de l'inflation mesurée par l'indice de référence légèrement moins élevé que celui qui était projeté dans la Mise à jour de janvier.

Les effets des récentes mesures énergiques de politique monétaire et budgétaire prises au Canada et au sein d'autres grandes économies commenceront à se faire sentir au deuxième semestre de cette année et se renforceront tout au long de 2010. Une fois que le système financier mondial se stabilisera et que la croissance se raffermira à l'échelle du globe, la vigueur fondamentale de l'économie et du secteur financier du Canada devrait assurer une reprise plus rapide au pays que dans la plupart des autres économies industrialisées.

La décision de la Banque d'abaisser son taux directeur de 50 points de base aujourd'hui porte l'assouplissement monétaire cumulatif à 400 points de base depuis décembre 2007. Conformément au retour du taux d'augmentation de l'IPC global à 2 %, on peut s'attendre à ce que le taux cible du financement à un jour demeure à ce niveau ou à un niveau inférieur au moins jusqu'à ce que des signes évidents montrent que l'offre excédentaire se résorbe.

Étant donné le bas niveau du taux cible du financement à un jour, la Banque est à raffiner l'approche qu'elle suivrait afin d'accentuer la détente monétaire, si cela s'avérait nécessaire, par l'octroi de crédits et l'assouplissement quantitatif. Dans le Rapport sur la politique monétaire qu'elle fera paraître en avril, la Banque décrira le cadre qui présidera à l'application possible de telles mesures.

La Banque continuera de suivre de près la situation économique et financière afin de déterminer dans quelle mesure une nouvelle détente monétaire sera nécessaire pour atteindre la cible d'inflation de 2 % à moyen terme.

Note d'information

La prochaine date d'établissement du taux cible du financement à un jour par la Banque du Canada est le 21 avril 2009. Le Rapport sur la politique monétaire que la Banque publiera le 23 avril 2009 contiendra une nouvelle projection pour l'économie et l'inflation ainsi qu'une analyse des risques connexes.