Les rigidités réelles sont une caractéristique importante des modèles modernes à prix rigides et présentent un intérêt certain pour la conduite de la politique monétaire en raison de leur incidence sur le bien-être, mais elles ne peuvent être identifiées structurellement à partir de séries chronologiques. À l’aide d’un modèle (s,S) généralisé bidimensionnel étalonné en fonction de données microéconomiques, l’auteur évalue s’il est plausible de considérer le capital spécifique à une entreprise comme une source de rigidités réelles. La possibilité pour une firme de modifier temporairement et de façon importante son niveau d’investissement a un double effet sur la rigidité des prix : d’une part, elle la réduit, les variations endogènes du coût marginal de production rendant les entreprises plus enclines à assumer les coûts d’étiquetage (effet extensif); d’autre part, elle l’accroît en raison de la présence de complémentarités (effet intensif). Étant donné l’effet extensif, des coûts d’étiquetage plus élevés sont nécessaires afin de reproduire la fréquence de révision des prix observée, et l’effet intensif prédomine.