Le Canada s’en est sorti relativement bien durant la crise qui a secoué l’économie mondiale, grâce à de bonnes politiques et, avec le recul, à une certaine dose de chance, a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, dans un discours prononcé devant le Centre international d’études monétaires et bancaires à Genève, en Suisse.

Dans son discours, le gouverneur a examiné les éléments qui ont aidé le système financier canadien à résister à la tempête et qui sont en train d’être incorporés dans les nouvelles normes internationales en matière de réglementation et de surveillance, à savoir :

  • un engagement envers des fonds propres accrus et de meilleure qualité;
  • un régime de surveillance actif et une collaboration étroite entre les autorités;
  • un marché hypothécaire bien réglementé;
  • un secteur bancaire parallèle limité.

« L’objectif fondamental des réformes devrait être de créer un système qui soutient efficacement la croissance économique tout en offrant des choix aux utilisateurs de produits financiers », a précisé le gouverneur.

Le système doit résister aux chocs et atténuer – plutôt qu’amplifier – l’effet de ces chocs sur l’économie réelle. Il doit être constitué d’institutions financières résilientes et de marchés robustes, puisque les uns et les autres jouent un rôle central comme sources de financement et que, bien structurés, ils peuvent s’appuyer réciproquement.

« Les nouvelles mesures doivent favoriser la concurrence plutôt que la concentration et renforcer la résilience du système plutôt que consolider les institutions indispensables. »

M. Carney a également traité d’autres mesures – visant notamment une infrastructure de marché plus robuste et de meilleurs mécanismes de résolution qui seront nouveaux pour le Canada et qui sont susceptibles de rehausser l’efficience et la résilience du système financier mondial.

Bien que ces initiatives officielles soient essentielles, a mentionné le gouverneur, la résilience systémique repose avant tout sur la surveillance des acteurs privés, qui vont des investisseurs aux dirigeants d’entreprises en passant par les conseils d’administration. Au bout du compte, le secteur privé restera la première ligne de défense. Il faut donc s’employer à améliorer ces fonctions de surveillance.

Le gouverneur Carney a exhorté les participants privés et les décideurs publics à accorder une attention constante au dépistage des vulnérabilités et à l’amélioration de la résilience. « Les risques sont habituellement à leur niveau le plus élevé lorsqu’ils nous semblent insignifiants, et les participants au marché financier sont les plus vulnérables lorsqu’ils pensent qu’ils ont réponse à tout  », a-t-il conclu.