Bonjour. Tiff et moi sommes heureux d’être ici parmi vous aujourd’hui pour discuter du Rapport sur la politique monétaire, que la Banque a publié ce matin.

  • Comme la Banque l’entrevoyait en janvier, la reprise économique mondiale s’enracine plus solidement et devrait se poursuivre à un rythme stable.
  • Aux États-Unis, la croissance se raffermit, même si elle sera bridée par l’assainissement des bilans des ménages et, à terme, des administrations publiques.
  • Le rythme d’expansion s’est renforcé en Europe, malgré les défis que continuent à poser la dette souveraine et le secteur bancaire des pays périphériques. Les désastres qui ont frappé le Japon en mars auront de graves répercussions sur son activité économique au premier semestre de 2011. Les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales qui en ont résulté devraient réduire la croissance de l’économie canadienne d’environ un demi-point de pourcentage au cours du présent trimestre, mais cette perte devrait être comblée au cours des prochains.
  • La demande robuste dans les économies émergentes favorise la vigueur sous-jacente des cours des produits de base, qui est amplifiée par les chocs d’offre découlant de l’évolution récente de la situation géopolitique. Ces augmentations de prix, conjuguées à la demande excédentaire persistante dans les grandes économies émergentes, contribuent à l’émergence de pressions inflationnistes plus généralisées dans le monde. En dépit des défis importants qui pèsent sur les perspectives économiques mondiales, les conditions financières demeurent très favorables et les investisseurs sont devenus nettement moins réfractaires au risque.
  • Au Canada, l’activité économique a été récemment plus forte que prévu mais le profil d’évolution est largement conforme à la dynamique fondamentale présentée en janvier. On observe un rééquilibrage de la demande globale, celle-ci se déplaçant des dépenses des administrations publiques et des ménages vers les investissements des entreprises et les exportations nettes.
  • Comme en janvier, la Banque anticipe que les investissements des entreprises continueront à progresser rapidement et que la croissance des dépenses de consommation évoluera globalement de pair avec celle du revenu disponible des particuliers, même si le renforcement des termes de l’échange et l’augmentation de la richesse devraient favoriser un profil de croissance légèrement plus solide des dépenses des ménages qu’on ne l’avait d’abord envisagé.
  • En revanche, l’amélioration des exportations nettes devrait être limitée davantage par les problèmes de compétitivité persistants, notamment par les vents contraires provenant de la vigueur persistante du dollar canadien.
  • Dans l’ensemble, la Banque prévoit que l’économie affichera un taux d’expansion de 2,9 % en 2011 et de 2,6 % en 2012 et qu’en 2013, elle progressera au même rythme que la production potentielle, soit 2,1 %. La Banque s’attend à ce que l’économie retrouve son plein potentiel au milieu de 2012, soit deux trimestres plus tôt qu’elle ne l’escomptait en janvier.
  • Même si l’inflation sous-jacente est modérée, un certain nombre de facteurs temporaires feront grimper l’inflation mesurée par l’IPC global à 3 % environ au deuxième trimestre de 2011, avant que cette dernière ne converge à la cible de 2 % au milieu de 2012. Cette volatilité à court terme tient à l’incidence des fortes augmentations des prix de l’énergie survenues dernièrement, ainsi qu’aux impôts indirects perçus par les provinces, qui continuent à pousser l’inflation à la hausse.
  • L’inflation mesurée par l’indice de référence a continué à reculer ces derniers mois, en partie sous l’effet de facteurs transitoires. On s’attend à ce qu’elle remonte graduellement à 2 % d’ici le milieu de 2012, étant donné que l’offre excédentaire au sein de l’économie se résorbe lentement, que la progression de la rémunération du travail demeure modeste, que la productivité s’améliore et que les attentes d’inflation restent bien ancrées.
  • La vigueur persistante du dollar canadien pourrait renforcer encore davantage les vents contraires auxquels notre économie doit faire face, ce qui exercerait des pressions à la baisse additionnelles sur l’inflation, en raison des exportations nettes plus faibles que prévu et d’un recul plus marqué des prix à l’importation.
  • Un autre risque à la baisse pesant sur l’inflation au Canada a trait aux dépenses des ménages, qui pourraient être plus faibles qu’envisagé étant donné le lourd endettement de ceux-ci. Du côté des risques à la hausse, les prix des produits de base et l’inflation à l’échelle mondiale pourraient grimper plus rapidement qu’anticipé et la progression des dépenses des ménages pourrait être plus vive qu’escompté.
  • Dans l’ensemble, la Banque estime que les risques qui pèsent sur les perspectives d’évolution de l’inflation au Canada sont relativement équilibrés au cours de la période de projection.
  • Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque a décidé hier de maintenir le taux cible du financement à un jour à 1 %. Cette décision laisse en place un degré de détente monétaire considérable, compatible avec l’atteinte de la cible d’inflation de 2 % dans un contexte caractérisé par une offre excédentaire notable au Canada. Toute nouvelle réduction du degré de détente monétaire devra être évaluée avec soin.

Sur ce, Tiff et moi serons heureux de répondre à vos questions.