Même si l’économie canadienne est toujours dans une position relativement bonne, elle est secouée par la transformation importante de l’économie mondiale, qui tient à une conjugaison de tendances séculaires et de forces cycliques, a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

« D’énormes possibilités s’offrent au Canada, mais naviguer à contre-courant dans l’économie mondiale exigera de l’audace et du doigté », a souligné le gouverneur dans un discours prononcé aujourd’hui devant le Cercle canadien d’Ottawa.

La croissance robuste des économies émergentes reflète la conjugaison de tendances séculaires spectaculaires et de puissantes forces cycliques, a fait remarquer M. Carney. Ces tendances comprennent l’urbanisation des pays émergents d’Asie et la formation corollaire d’une nouvelle classe moyenne de grande ampleur. Les forces cycliques, notamment les politiques monétaires expansionnistes, les entrées de capitaux et les booms du crédit, contribuent aussi à la solidité de la demande intérieure. En revanche, les économies avancées connaissent une croissance modeste et elles subiront au cours des prochaines années les contrecoups de la crise financière.

La résultante de ces forces s’est modifiée et peut changer encore. « L’automne dernier, on s’entendait pour dire qu’une reprise fragile dans les économies avancées présentait un risque plus grand qu’une surchauffe dans les économies émergentes, a signalé le gouverneur. Aujourd’hui, c’est le contraire. On peut s’attendre à ce que de tels revirements se reproduisent. »

M. Carney a cerné trois conséquences pour le Canada et précisé leurs implications :

  • L’évolution rapide du profil des échanges internationaux exigera des efforts soutenus de la part des Canadiens permettant d’établir des partenariats commerciaux, techniques et scientifiques et ainsi d’accroître les parts de marché dans les économies émergentes. Parallèlement, les entreprises canadiennes doivent améliorer leur compétitivité, trouver de nouveaux fournisseurs et se préparer à faire face à un contexte de volatilité accrue.
  • La modification en profondeur de l’ampleur, de la composition et de la direction des flux de capitaux aura d’importantes implications pour les rendements des investisseurs canadiens, le coût du capital de nos entreprises et les risques qui pèsent sur notre économie.
  • Un ajustement budgétaire soutenu est requis dans la plupart des économies avancées. Même si le Canada est entré dans la crise alors que sa situation budgétaire était solide, il n’est pas entièrement à l’abri des retombées négatives en provenance d’autres pays.

La flexibilité économique du Canada, ses solides politiques macroéconomiques et son engagement à faire preuve d’ouverture, a indiqué le gouverneur, aideront à surmonter les défis et à saisir les occasions qui existent actuellement à l’échelle du globe. « Le Canada jouit de finances publiques robustes et d’une politique monétaire crédible, des avantages cruciaux qui doivent être préservés. »