La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 1 1/4 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 3/4 %.

La reprise économique mondiale se déroule essentiellement comme la Banque l’entrevoyait dans la livraison d’avril du Rapport sur la politique monétaire (RPM). L’économie américaine continue d’afficher une expansion modérée, celle-ci étant bridée par l’assainissement des bilans des ménages. La croissance en Europe se poursuit à un rythme soutenu, même si les risques posés par les économies périphériques se sont intensifiés. Les désastres qui ont frappé le Japon en mars ont de graves répercussions sur son activité économique et sont à l’origine de perturbations temporaires dans la chaîne d’approvisionnement au sein des pays avancés. Les cours des produits de base ont reculé récemment mais devraient rester élevés sous l’effet de l’offre restreinte à l’échelle du globe et de la vigueur considérable de la demande émanant des marchés émergents. Ces prix élevés, conjugués à la demande excédentaire persistante dans les grandes économies émergentes, contribuent aux pressions inflationnistes plus généralisées dans le monde. En dépit des défis qui pèsent sur les perspectives économiques mondiales, les conditions financières demeurent très favorables.

Au Canada, l’expansion économique est largement conforme aux attentes énoncées dans le RPM d’avril. L’économie a crû à un taux annualisé de 3,9 % au premier trimestre, du fait de la robustesse continue des investissements des entreprises, d’une contribution moindre des dépenses des ménages et des administrations publiques ainsi que d’un léger effet modérateur exercé par les exportations nettes. Bien que les perturbations temporaires dans la chaîne d’approvisionnement devraient freiner considérablement la croissance au cours du présent trimestre, leur effet devrait se renverser dans les trimestres qui suivront.

Même si l’inflation sous-jacente est relativement modérée, la Banque s’attend à ce que les prix élevés de l’énergie ainsi que les changements apportés aux impôts indirects perçus par les provinces maintiennent l’inflation mesurée par l’IPC global au-dessus de 3 % à court terme. Le taux d’accroissement de l’IPC global et celui de l’indice de référence devraient converger à 2 % d’ici le milieu de 2012, étant donné que l’offre excédentaire au sein de l’économie se résorbe graduellement, que la progression de la rémunération du travail demeure modeste, que la productivité s’améliore et que les attentes d’inflation restent bien ancrées.

La possibilité d’une augmentation plus forte des emprunts et des dépenses des ménages au Canada représente un risque à la hausse pour l’inflation. En revanche, la vigueur persistante du dollar canadien pourrait renforcer encore davantage les vents contraires auxquels notre économie doit faire face, ce qui exercerait des pressions à la baisse additionnelles sur l’inflation, en raison des exportations nettes plus faibles que prévu et d’un recul plus marqué des prix à l’importation.

Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 1 %. Dans la mesure où l’expansion se poursuit et l’offre excédentaire notable au sein de l’économie se résorbe graduellement, la Banque réduira en partie le moment venu la détente monétaire considérable en place, d’une façon compatible avec l’atteinte de la cible d’inflation de 2 %. Une telle réduction devra être évaluée avec soin.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 19 juillet 2011. Le RPM que la Banque publiera le 20 juillet 2011 contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes.