Les consommateurs acquièrent souvent plusieurs produits différenciés pour les réunir au sein d’un portefeuille. Une telle pratique est susceptible d’influer sur les possibilités de substitution du côté de la demande et, par conséquent, sur les stratégies de prix d’entreprises oligopolistiques. L’auteure examine cette question au moyen d’un modèle structurel où la nature complémentaire ou substituable des biens dépend de leurs caractéristiques ainsi que des attributs des consommateurs. Elle estime le modèle à l’aide de microdonnées relatives aux décisions d’achat d’automobiles des ménages japonais. D’après ses estimations, lorsque le portefeuille du ménage se compose d’une petite voiture et d’une mini-fourgonnette, les deux véhicules ont une fonction complémentaire. Si leur complémentarité n’est pas prise en compte, une analyse contrefactuelle aboutit à des conclusions excessives. La simulation effectuée indique que l’abolition des subventions fiscales accordées à l’achat de petites automobiles respectueuses de l’environnement ferait diminuer de 9 % la demande de ces dernières, plutôt que de 14 % comme le prédit un modèle type de choix discrets portant sur un seul bien.