Aux États-Unis, avant 1863, chaque banque émettait ses propres billets. Or, de nos jours, la monnaie électronique présente de nombreux points communs avec ces instruments d’échange. L’auteur décrit quelques enseignements pertinents à l’égard des monnaies électroniques tirés de l’époque où les billets étaient émis par des banques locales aux États-Unis. L’analyse de données historiques permet d’évaluer ce système, dans le cadre duquel les billets étaient émis par de multiples établissements privés, en ce qui a trait à la facilité d’effectuer des transactions, à la contrefaçon, à la sûreté, à la surémission potentielle et à la parité de change. L’étude montre que les billets de banque facilitaient les transactions et n’étaient pas sujets à une émission excessive. En revanche, la contrefaçon était très répandue, les billets ne constituaient pas des instruments parfaitement sûrs, ceux de banques concurrentes ne s’échangeaient pas toujours à leur valeur nominale et les taux de change étaient volatils. L’article traite également de la façon dont ces billets étaient réglementés et supervisés ainsi que de l’incidence du dispositif prudentiel sur le fonctionnement du système. L’expérience américaine au chapitre des billets émis par des banques locales donne à penser qu’un système reposant sur l’émission de monnaies électroniques par des entités privées pourrait fonctionner correctement, à condition d’être régi et supervisé adéquatement par les autorités publiques, et ce, afin d’atténuer le risque de contrefaçon et d’assurer la sûreté ainsi que la parité de change des monnaies en question.