International Transmission of Credit Shocks in an Equilibrium Model with Production Heterogeneity

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Pour bon nombre d’instances décisionnelles et de chercheurs, les récentes crises financières et économiques qui ont éclaté en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs sont un phénomène mondial. D’aucuns estiment que ces récessions prennent toutes leur origine dans la crise financière aux États-Unis. Dans cette étude, nous voulons déterminer l’ampleur des conséquences d’un choc d’offre de crédit sur les partenaires commerciaux d’un pays qui fait face à un tel choc. Nous élaborons à cette fin un modèle d’équilibre général dynamique et stochastique à deux pays dans lequel les producteurs de biens intermédiaires sont soumis à des chocs de productivité idiosyncrasiques persistants et à des contraintes occasionnelles en matière de garanties pour l’obtention de crédits d’investissement.

Il apparaît qu’un choc négatif d’offre de crédit dans un pays provoque un net repli de son économie, mais une légère récession chez son partenaire commercial. La transmission des chocs par le canal des biens échangeables est limitée vu la part moyenne du commerce extérieur dans le PIB. Cette part, qui est étalonnée en fonction de données américaines, est insuffisante pour engendrer une récession sévère à l’étranger. L’intensité des répercussions du choc d’offre de crédit dépend de deux facteurs : la préférence nationale et le type de biens échangés. Nous montrons que lorsque la préférence nationale est moins marquée, la récession déclenchée par un choc d’offre de crédit est moins profonde, mais l’incidence de ce choc est amplifiée à l’international. De même, la récession intérieure est d’autant moins grave et les répercussions sur l’activité réelle à l’étranger sont d’autant plus importantes que le degré de substituabilité entre les biens échangés est moindre. Notre modèle prévoit également que le recul du commerce international est plus prononcé suivant un choc d’offre de crédit qu’après un choc de productivité. Ces résultats mettent en lumière le rôle que l’exacerbation des contraintes financières pourrait avoir joué dans l’effondrement du commerce mondial au cours de la période 2008-2009.