Une dimension centrale du débat entourant le renouvellement de l’entente sur la cible de maîtrise de l’inflation est celle du niveau approprié de cette cible. Au vu du recul du taux neutre et compte tenu des enseignements de la récente crise financière, de nombreux observateurs s’inquiètent de la possibilité que la valeur plancher effective des taux d’intérêt se fasse plus contraignante dans l’avenir si les cibles de maîtrise de l’inflation sont maintenues à 2 %. Certains vont jusqu’à penser que la cible d’inflation devrait être relevée pour réduire la fréquence des épisodes où le taux directeur atteint son plancher effectif. Une grande partie de ce débat repose sur l’hypothèse que le plancher effectif des taux se situe près de zéro, mais non au-dessous. Or, un certain nombre de banques centrales ont récemment adopté des taux directeurs négatifs. Dans son étude, l’auteure expose les enjeux associés à la négativité des taux d’intérêt, dresse un panorama de la situation à ce jour des pays qui ont fait passer leurs taux directeurs en territoire négatif et présente quelques conclusions générales tirées de l’expérience de ces pays. Elle se demande ensuite jusqu’à quel point ces taux directeurs peuvent descendre dans ces économies et suggère des pistes pour poursuivre la réflexion en vue du renouvellement de l’entente sur la cible de maîtrise de l’inflation.