Dans cette étude, nous rendons compte d’une forte asymétrie dans l’évolution des attentes à l’égard du taux des fonds fédéraux, asymétrie que nous faisons correspondre à des mesures de l’incertitude concernant la politique monétaire. Nous montrons que les périodes de resserrement monétaire sont liées à une incertitude « négative » (taux directeur supérieur aux attentes) et celles d’assouplissement monétaire, à une incertitude « positive » (taux directeur inférieur aux attentes). L’incertitude négative concernant la politique monétaire diminue au fil du temps, tandis que l’incertitude positive reste plutôt stable. Cette constatation reflète le comportement asymétrique des erreurs de prévision, que nous attribuons aux modifications de la conduite de la politique monétaire. Nous montrons que l’incertitude liée aux fondamentaux macroéconomiques ne permet pas à elle seule d’expliquer ce comportement : l’asymétrie demeure, même lorsque nous tenons compte de l’incertitude macroéconomique, ce qui fait ressortir l’importance de la mise en oeuvre de la politique monétaire. Enfin, nous évaluons les effets macroéconomiques de l’incertitude entourant la politique monétaire. Selon nos résultats, les effets, non linéaires, dépendent de la phase de détente ou de resserrement de la politique monétaire. Même si, en général, l’incertitude a des effets récessifs, ces derniers sont plus sensibles en période d’assouplissement qu’en période de resserrement monétaire.