La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1¾ %. Le taux officiel d’escompte demeure donc à 2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1½ %.

L’expansion économique mondiale se modère essentiellement comme prévu, mais on voit apparaître des signes que les conflits commerciaux pèsent davantage sur la demande mondiale. Les évolutions encourageantes survenues dernièrement aux réunions du G20 rappellent que les risques entourant les politiques commerciales sont orientés aussi bien à la hausse qu’à la baisse. La croissance dans les grandes économies avancées a ralenti, bien que l’activité aux États-Unis demeure au-dessus du potentiel.

Les prix du pétrole ont fortement baissé depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’octobre, sous l’effet combiné des évolutions géopolitiques, de l’incertitude concernant les perspectives de croissance mondiale et de l’expansion de la production de pétrole de schiste aux États-Unis. Les prix de référence pour le pétrole canadien de l’Ouest – à la fois le lourd et, plus récemment, le léger – ont été tirés encore plus vers le bas par les contraintes de transport et une accumulation des stocks. À la lumière de ces évolutions et des réductions connexes de la production, l’activité dans le secteur canadien de l’énergie sera probablement sensiblement plus faible qu’escompté.

Dans l’ensemble, la croissance de l’économie canadienne au troisième trimestre était conforme à la projection de la Banque, quoique les données semblent indiquer un dynamisme moins prononcé au début du quatrième trimestre. Les investissements des entreprises ont diminué au troisième trimestre, ce qui est attribuable en grande partie à l’incertitude commerciale accrue durant l’été. Les investissements des entreprises à l’extérieur du secteur de l’énergie devraient se raffermir à la faveur de la signature de l’AEUMC, des nouvelles mesures fiscales du gouvernement fédéral et des contraintes de capacité persistantes. Combinée à la forte demande étrangère, cette hausse de la capacité de production devrait soutenir une croissance continue des exportations.

Le crédit aux ménages et les marchés régionaux du logement semblent se stabiliser après un ralentissement marqué ces derniers trimestres. La Banque continue de surveiller les effets, tant sur les constructeurs que sur les acheteurs, du resserrement des règles hypothécaires, des changements aux politiques régionales du logement et des taux d’intérêt plus élevés.

L’inflation évolue comme prévu et les mesures de l’inflation fondamentale utilisées par la Banque se situent toutes autour de 2 %, ce qui cadre avec une économie tournant près des limites de sa capacité. L’inflation mesurée par l’IPC, qui se chiffrait à 2,4 % en octobre, se trouve juste au-dessus de la cible, mais devrait diminuer dans les prochains mois davantage que la Banque ne l’avait d’abord prévu, en raison des prix de l’essence plus bas. Les révisions à la baisse des données historiques du PIB effectuées par Statistique Canada, ainsi que les évolutions macroéconomiques récentes, indiquent qu’il pourrait y avoir une marge additionnelle de croissance non inflationniste. La Banque réévaluera tous ces facteurs dans sa nouvelle projection pour le RPM de janvier.

Compte tenu de l’ensemble de ces évolutions, le Conseil de direction estime encore que le taux d’intérêt directeur devra augmenter jusqu’à l’intérieur d’une fourchette neutre pour assurer l’atteinte de la cible d’inflation. Le rythme approprié des hausses de taux dépendra d’un certain nombre de facteurs, dont l’effet des taux d’intérêt plus élevés sur la consommation et le logement, et l’évolution des politiques commerciales mondiales. La persistance du choc des prix du pétrole, l’évolution des investissements des entreprises et l’évaluation que fait la Banque de la capacité de l’économie seront également des facteurs importants dans nos décisions au sujet de l’orientation future de la politique monétaire.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 9 janvier 2019. Le RPM que la Banque publiera au même moment contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes.