Nous estimons une élasticité de substitution agrégée entre le capital et le travail qui est près de ou inférieure à l’unité, ce qui signifie que l’intensification du capital ne peut pas expliquer la baisse de la part du revenu attribuable au travail observée à l’échelle mondiale. Notre méthode provient des sentiers de transition du modèle de croissance néoclassique. L’élasticité de substitution est déterminée à partir de la corrélation entre les tendances de la part du revenu attribuable au travail et du coût de location du capital (exprimé par une variable d’approximation) pour divers pays. Ces tendances sont faiblement corrélées entre les pays et négativement corrélées dans la plupart des échantillons. Les estimations précédentes de cette élasticité étaient nettement supérieures à l’unité, résultat qui découle en partie d’un biais dû à l’omission de variables : nous montrons en effet que les études antérieures n’utilisaient que le prix de l’investissement comme variable d’approximation du coût de location du capital. Or le modèle de croissance établit un lien entre le coût de location, le prix des investissements et la croissance de la consommation.