La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1¾ %. Le taux officiel d’escompte demeure donc à 2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1½ %.

Les données récentes portent à croire que le ralentissement de l’économie mondiale a été plus prononcé et plus généralisé que la Banque l’avait prévu dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier. Bien que le ralentissement semble découler de plusieurs sources, les tensions concernant le commerce extérieur et l’incertitude pèsent lourdement sur la confiance et l’activité économique. Il est difficile de distinguer les effets liés à la confiance de ceux d’autres facteurs défavorables, mais il est évident que la résolution des conflits commerciaux améliorerait les perspectives de l’économie mondiale.

De nombreuses banques centrales ont reconnu que la croissance fait face à des vents contraires qui s’accumulent, ce qui a entraîné un assouplissement des conditions financières. Parallèlement, l’avancement des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi que les mesures de relance en Chine ont rassuré les marchés et contribué au raffermissement des prix des produits de base.

Au Canada, la Banque prévoyait un ralentissement temporaire de l’économie à la fin de 2018 et au début de 2019, surtout à cause de la chute des prix du pétrole l’an passé. Elle avait prévu de faibles exportations et investissements dans le secteur de l’énergie et une baisse des dépenses des ménages dans les provinces productrices de pétrole. Toutefois, au quatrième trimestre, le ralentissement a été plus marqué et plus généralisé que prévu. Les dépenses de consommation ont été modestes et le marché du logement atone, en dépit de la forte croissance de l’emploi et du revenu du travail. Les exportations et les investissements des entreprises ont également été en deçà des attentes. Il semble maintenant que la croissance de l’économie, qui a atteint 1,8 % en 2018, sera plus faible au premier semestre de 2019 que la Banque l’avait prévu en janvier.

Les mesures de l’inflation fondamentale restent près de 2 %. L’inflation mesurée par l’IPC a diminué pour s’établir à 1,4 % en janvier, du fait surtout des prix plus bas de l’essence. La Banque s’attend à ce que l’inflation mesurée par l’IPC se situe légèrement sous la cible de 2 % durant la majeure partie de 2019, ce qui tient à l’incidence de facteurs temporaires, dont l’effet modérateur des prix plus bas de l’énergie et l’élargissement de l’écart de production.

Le Conseil de direction estime que les perspectives continuent de justifier un taux d’intérêt directeur qui se situe sous la fourchette neutre. Compte tenu du bilan contrasté que l’on peut tirer des données, il faudra du temps pour jauger la durée pendant laquelle la croissance restera sous son niveau potentiel ainsi que les implications pour les perspectives d’inflation. Étant donné l’incertitude accrue quant au moment des futures hausses de taux, le Conseil de direction surveillera attentivement l’évolution des dépenses des ménages, des marchés pétroliers et des politiques commerciales mondiales.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 24 avril 2019. Le RPM que la Banque publiera au même moment contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes.