Dans cette étude, je procède à une analyse quantitative systématique des effets à court et à long terme de diverses mesures de restriction des échanges en présence de chaînes de valeur mondiales et d’internationalisation de la production. Je m’appuie sur un modèle d’équilibre général dynamique et stochastique à deux pays dans lequel les décisions d’entrée et de sortie en tant qu’exportateur ou en tant que multinationale sont endogènes pour comparer les effets : a) de droits de douane sur les importations de biens finaux; b) de droits de douane sur les importations d’intrants intermédiaires; et c) de barrières à l’entrée.

Je montre qu’à long terme, les trois mesures font entrer les deux pays en récession, mais que les effets relatifs sur le PIB des deux pays varient d’une mesure à l’autre. S’agissant des entreprises, les exportateurs les moins productifs finissent par sortir du marché de destination, alors qu’il devient rentable pour le petit groupe des plus productifs d’entre eux de s’implanter comme multinationales dans le pays étranger, ce qui leur permet de compenser en partie les pertes de recettes d’exportation. Les mesures diffèrent de par leurs conséquences à long terme, mais aussi de par leur dynamique à court terme. Les droits de douane sur les biens finaux et les barrières à l’entrée engendrent un boom temporaire de la production dans le pays qui les impose, tandis que les droits de douane sur les intrants intermédiaires font immédiatement plonger les deux pays dans la récession. Ces dernières mesures découragent l’internationalisation de la production dans un premier temps, tant que les effets de ces droits restent plus importants que ceux de la baisse des coûts de la main-d’oeuvre et du capital.