Cette étude propose de voir les réserves de change comme un instrument de politique macroprudentielle. Nous étudions un modèle de crises financières en économie ouverte dans lequel les externalités pécuniaires engendrent de l’endettement excessif, et démontrons qu’en accumulant des réserves de change, un gouvernement peut atteindre l’allocation efficace de second rang. Une accumulation optimale de réserves va à contrecourant du marché et réduit considérablement l’exposition aux crises financières. La théorie que nous proposons est cohérente avec la dynamique combinée des flux de capitaux privés et publics observée empiriquement, et peut expliquer quantitativement la récente tendance à la hausse des réserves de change.