La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1¾ %. Le taux officiel d’escompte demeure donc à 2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1½ %.

Les perspectives de l’économie mondiale se sont encore affaiblies depuis la parution, en juillet, du Rapport sur la politique monétaire (RPM) de la Banque. Les conflits commerciaux et l’incertitude persistants freinent les investissements des entreprises, les échanges et la croissance mondiale. Un nombre grandissant de pays ont réagi en prenant des mesures de politique monétaire et d’autres mesures pour soutenir leur économie. La croissance mondiale devrait toutefois ralentir pour avoisiner 3 % cette année avant de remonter légèrement au cours des deux prochaines années. Le Canada n’a pas été à l’abri de ces évolutions. Les prix des produits de base ont chuté dans un contexte de préoccupations au sujet de la demande mondiale. Malgré cela, le taux de change Canada–États-Unis reste proche de son niveau de juillet, et le dollar canadien s’est apprécié par rapport à d’autres monnaies.

La croissance au Canada devrait ralentir au deuxième semestre de cette année pour s’établir à un taux inférieur à celui de son potentiel. Cela s’explique par l’incertitude associée aux conflits commerciaux, l’ajustement continu dans le secteur de l’énergie et la disparition des facteurs temporaires qui ont stimulé la croissance au deuxième trimestre. Les investissements des entreprises et les exportations se contracteront vraisemblablement avant d’augmenter de nouveau en 2020 et en 2021. En même temps, les dépenses publiques et la baisse des taux d’emprunt soutiennent la demande intérieure, et l’activité dans le secteur des services demeure robuste. L’emploi affiche une vigueur continue et la croissance des salaires augmente, bien qu’il y ait des variations d’une région à l’autre. Les dépenses de consommation ont évolué en dents de scie, mais seront soutenues par la solide croissance des revenus. Pendant ce temps, l’activité dans le secteur du logement se raffermit sur la plupart des marchés. La Banque continue de suivre l’évolution des vulnérabilités financières à la lumière de la baisse des taux hypothécaires et des changements passés aux politiques visant le marché du logement.

La Banque prévoit que le PIB réel progressera de 1,5 % cette année, de 1,7 % en 2020 et de 1,8 % en 2021. Cela implique que le modeste écart de production actuel se resserrera au cours de la période de projection. Les mesures de l’inflation se situent toutes autour de 2 %. L’inflation mesurée par l’IPC va probablement fléchir temporairement en 2020 à mesure que l’effet d’un précédent bond des prix de l’énergie s’estompera. Dans l’ensemble, la Banque s’attend à ce que l’inflation reste proche de la cible de 2 % durant la période de projection.

Tout bien considéré, le Conseil de direction juge qu’il est approprié de maintenir le taux cible du financement à un jour à son niveau actuel. Le Conseil est conscient que la résilience de l’économie canadienne sera de plus en plus mise à l’épreuve en raison des conflits commerciaux et de l’incertitude persistants. Au moment de considérer la trajectoire appropriée de la politique monétaire, la Banque surveillera la mesure dans laquelle le ralentissement mondial se propage au-delà de la fabrication et de l’investissement. Dans ce contexte, elle suivra de près les sources de résilience dans l’économie canadienne – notamment les dépenses de consommation et l’activité dans le secteur du logement – ainsi que l’évolution de la politique budgétaire.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 4 décembre 2019. La nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes seront publiées dans le RPM que la Banque fera paraître le 22 janvier 2020.