Social Learning and Monetary Policy at the Effective Lower Bound

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Ce travail de recherche présente un modèle dans lequel l’économie est directement influencée par le niveau de pessimisme ou d’optimisme des acteurs économiques en ce qui concerne l’avenir. Ces acteurs peuvent avoir des anticipations différentes et les revoir au fur et à mesure que de nouvelles données économiques deviennent disponibles.

Le modèle, qui se base sur des données américaines, intègre plusieurs caractéristiques importantes des données macroéconomiques et des données sur les anticipations issues des enquêtes auprès des prévisionnistes professionnels. En particulier, le modèle reproduit des épisodes prolongés durant lesquels l’inflation est en deçà de la cible et les taux d’intérêt sont proches de zéro, ce qui ressemble à la situation observée depuis la crise de 2008. Lorsqu’un choc externe fait baisser la production ou l’inflation, les anticipations des acteurs à ces égards diminuent. Leur pessimisme se vérifie et l’inflation reste ainsi bloquée à un niveau inférieur à sa cible.

Les banques centrales peuvent communiquer de l’information dans le but d’amener les acteurs économiques à anticiper, collectivement, des niveaux d’inflation plus élevés. Cependant, il y a un risque de perte de crédibilité. D’une part, si l’inflation constatée est faible, les acteurs risquent de ne pas croire le message de la banque centrale concernant une hausse future de l’inflation ou de la cible. D’autre part, si la banque centrale publie une prévision factuelle d’inflation faible, il y a un risque que ce pessimisme se confirme : les acteurs économiques pourraient adopter le point de vue de la banque centrale et continuer à anticiper une inflation sous la cible. Dans les deux cas, si la communication réduit les divergences de vues entre les acteurs, elle ne résout pas le problème d’une inflation et de taux d’intérêt durablement bas.