News-Driven International Credit Cycles

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Les économistes et les décideurs publics soutiennent souvent que l’augmentation soudaine du crédit bancaire et l’expansion de la production dans les pays périphériques de l’Europe à la suite de l’introduction de l’euro étaient attribuables aux espoirs suscités par la perspective d’une croissance de l’économie. En effet, les pays qui avaient connu la crise du système monétaire européen en 1992-1993 considéraient que l’adhésion à la monnaie unique les mettrait à l’abri de crises dans le futur. Cependant, la crise financière mondiale a érodé cette confiance. Les flux de capitaux se sont inversés, les bilans des banques ont fondu et les écarts de crédit des sociétés non financières se sont fortement agrandis.

Dans cette étude, j’évalue comment de nouvelles informations sur les fondamentaux économiques influencent l’allocation du crédit tant au sein des pays qu’entre eux. Je présente un modèle macroéconomique international doté d’un secteur bancaire dans lequel j’étudie le déroulement des crises financières en présence de contraintes d’endettement occasionnelles. Les nouvelles optimistes sur la rentabilité future des capitaux déclenchent la phase d’expansion, puis la non-concrétisation de ces espoirs provoque la contraction.

Une version calibrée du modèle restitue bien la dynamique de la balance courante de l’Espagne et de l’allocation asymétrique du crédit entre le secteur des biens échangeables et celui des biens non échangeables durant les dix premières années de l’euro. Je parviens à différencier comment le secteur bancaire et les flux de capitaux internationaux contribuent à une dynamique compatible avec les données sur l’Espagne. Les bilans des banques transmettent les fluctuations du secteur des biens non échangeables à celui des biens échangeables, ce qui pousse l’économie vers une récession généralisée. Les emprunts internationaux favorisent l’augmentation des ratios d’endettement des banques et amplifient davantage les effets des frictions financières. De plus, les politiques non traditionnelles – achats directs d’actifs et mécanismes d’octroi de liquidités – réduisent l’ampleur du ralentissement économique. Les injections de liquidités dans des banques illiquides s’avèrent plus efficaces que les achats directs d’actifs dans le secteur des biens non échangeables.