Une Canadienne sur un BILLET

Viola Desmond a été choisie par le ministre des Finances pour figurer sur le prochain billet de 10 $ canadien destiné à la circulation courante. Elle a été retenue parmi une liste restreinte de cinq Canadiennes emblématiques qui, ensemble, illustrent les contributions variées et importantes des femmes à l’histoire du Canada. Visionnez la vidéo Minutes du patrimoine au sujet de Viola Desmond, prenez connaissance du processus de sélection et renseignez-vous sur les changements qui marqueront les prochains billets de banque.

Viola Desmond (1914–1965)

Viola Desmond reste une icône du mouvement en faveur des droits et libertés au Canada. Femme d’affaires accomplie de la Nouvelle-Écosse, elle a défié l’autorité, refusant de quitter une section réservée aux Blancs d’un cinéma en 1946, après quoi elle a été incarcérée, reconnue coupable et condamnée à une amende. Son procès constitue l’une des premières contestations judiciaires soulevées par une femme noire au Canada pour cause de ségrégation raciale.

Viola Desmond in her studio, ca. 1938. Wanda Robson Collection. Beaton Institute, Cape Breton University.

Viola Desmond dans son salon de coiffure, vers 1938. MG 21.14
Collection de Wanda Robson, 16-87-30227. Institut Beaton, Université du Cap-Breton

Entrepreneure prospère

En tant que femme noire de la classe moyenne dans les années 1930 et 1940, Viola Desmond a toujours été une pionnière. Dès les premières années de sa carrière d’enseignante, son ambition était d’avoir son propre salon de coiffure. Le premier obstacle à son projet a été la formation. Comme les femmes noires n’étaient pas admises dans les écoles de beauté d’Halifax, Mme Desmond s’est donc rendue à Montréal, à New York et au New Jersey pour suivre divers cours; elle obtiendra finalement un diplôme du renommé Apex College of Beauty Culture and Hairdressing d’Atlantic City.

En 1937, elle ouvre le salon Vi’s Studio of Beauty Culture à Halifax, qui deviendra un lieu de rencontre pour les femmes de la collectivité. Mais sa vision ne s’arrêtait pas là. Après quelques années, elle fonde la Desmond School of Beauty Culture, qui attire des élèves de partout en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec. De plus, d’autres activités de son entreprise, c’est-à-dire la fabrication et la vente des produits de beauté de marque Vi’s, génèrent des commandes de toute la Nouvelle-Écosse. Mme Desmond a non seulement été une précurseure comme entrepreneure et modèle pour sa communauté, mais elle a aussi été une inspiration pour ses clientes et ses élèves.

Militante pour la justice sociale

Le 8 novembre 1946, Mme Desmond est en route vers Sydney, en Nouvelle-Écosse, quand sa voiture tombe soudainement en panne à New Glasgow. Pendant que sa voiture se fait réparer, elle décide d’aller voir un film au Roseland Theatre.

Ignorant la politique du cinéma qui impose aux Noirs de s’asseoir au balcon, Mme Desmond demande une place au parterre et paie la caissière. Cette dernière lui remet un billet pour le balcon, puis lorsque Mme Desmond entre dans le cinéma, le placier l’informe que son billet est pour le balcon et qu’elle doit y monter. Croyant qu’il s’agissait d’une erreur, Mme Desmond retourne à la billetterie et demande à échanger son billet. La caissière refuse en lui disant qu’elle n’est pas autorisée à vendre des billets au parterre « à des gens comme elle ». Quand elle comprend qu’on lui refuse le billet en raison de la couleur de sa peau, Mme Desmond retourne courageusement à l’intérieur et s’assoit au parterre. Le gérant du cinéma la confronte, et, comme elle refuse de bouger, appelle la police. Elle est éjectée de force, arrêtée, accusée et reconnue coupable de ne pas avoir payé le cent supplémentaire de taxe d’amusement exigé pour s’asseoir au parterre.

Mme Desmond tente en vain de faire annuler sa déclaration de culpabilité, mais son cas deviendra un jalon de l’histoire des droits de la personne au Canada. La poursuite contre Mme Desmond ayant été montée comme une affaire de fraude fiscale, la vraie question du racisme s’est trouvée ensevelie sous les formalités procédurales. Si elle n’avait pas poursuivi l’affaire, les archives du procès qui nous sont parvenues n’auraient laissé aucun indice de la réelle importance de cette cause, à savoir qu’on lui avait refusé l’accès au parterre en raison de la couleur de sa peau.

Viola Desmond portrait, ca. 1940. Communications Nova Scotia

Portrait de Viola Desmond, vers 1940
Communications Nouvelle-Écosse

Viola Desmond speaking at graduation, ca. 1945. Wanda Robson Collection. Beaton Institute, Cape Breton University.

Viola Desmond prononçant une allocution à la remise des diplômes, vers 1945. MG 21.14
Collection de Wanda Robson. 16-89-30229. Institut Beaton, Université du Cap-Breton

La contestation juridique suscitée par Mme Desmond a touché une corde sensible de la communauté noire et a stimulé la prise de conscience croissante de la discrimination raciale pratiquée en Nouvelle-Écosse. Cette affaire a inspiré le changement et a fait partie d’un plus vaste ensemble d’efforts déployés pour accroître l’égalité raciale au pays.

La persévérance de Mme Desmond et l’attention suscitée par son procès ont élargi le mouvement visant à reconnaître l’importance des droits de la personne au Canada.

Le 15 avril 2010, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a accordé un pardon absolu posthume à Mme Desmond. Le pardon a été octroyé par la lieutenante-gouverneure de la Nouvelle-Écosse à l’époque, l’honorable Mayann Francis, qui fut la première personne noire à occuper cette fonction en Nouvelle-Écosse, et seulement la deuxième au Canada. Le pardon est accompagné d’une déclaration et d’excuses publiques de la part du premier ministre de l’époque, Darrell Dexter, qui énonce que l’accusation n’aurait jamais dû être portée, et que la condamnation de Viola Desmond était une erreur judiciaire.

Bien que les événements survenus au Roseland Theatre remontent maintenant à 70 ans, la lutte de Mme Desmond pour la justice sociale et son acte de courage singulier continuent de trouver écho chez les Canadiens.



Le billet de 10 $ orné du portrait de Viola Desmond et au-delà – Les changements qui marqueront les prochains billets

La Banque a maintenant réalisé la conception du nouveau billet de 10 $ orné du portrait de Viola Desmond. Après des consultations auprès d’experts, le verso du billet a été conçu de manière à comprendre des symboles et des images qui illustrent les grands thèmes de la justice sociale et de la lutte pour les droits et libertés.

Afin de continuer à célébrer de plus en plus de Canadiens emblématiques, un nouveau portrait et de nouvelles images figureront également sur le prochain billet de 5 $. Le moment venu, la Banque lancera un autre processus de consultation afin de solliciter l’opinion des citoyens au sujet de la conception du prochain billet de 5 $, en s’inspirant des succès du récent processus.

Le processus prendra quelques années. Le nouveau billet de 10 $ devrait être émis à la fin de 2018 et le nouveau billet de 5 $ suivra quelques années plus tard, mais, avant longtemps, deux autres éminents Canadiens seront célébrés sur notre monnaie. Les autres coupures (les billets de 20 $, 50 $ et 100 $) suivront tous les deux ou trois ans par la suite.

Macdonald et Laurier

Comme Viola Desmond figure maintenant sur le billet de 10 $, et qu’un autre Canadien emblématique ornera le prochain billet de 5 $, sir John A. Macdonald, le premier à occuper la fonction de premier ministre du Canada, et sir Wilfrid Laurier, le premier francophone à occuper le poste de premier ministre, seront mis à l’honneur sur les plus grosses coupures. Ce changement aura lieu lorsque le graphisme de celles-ci sera refait.

En conséquence, les anciens premiers ministres William Lyon Mackenzie King et sir Robert Borden ne figureront plus sur des billets. Le billet de 20 $ continuera d’arborer le portrait du monarque régnant.

La démarche de conception offre l’occasion de présenter et de célébrer un plus grand nombre de grands Canadiens qu’auparavant tout en restant fidèles à nos racines.

Pour d’autres renseignements sur le processus ayant mené au choix de Viola Desmond pour figurer sur le billet de 10 $, veuillez consulter le document Une Canadienne sur un BILLET : document d’information sur le processus de sélection et de consultation publique et l’approche appliquée à la prochaine série de billets de banque du Canada.


Musée canadien de l’histoire – Activité (Diffusions)

Le gouverneur de la Banque du Canada Stephen S. Poloz, le ministre des Finances Bill Morneau et la ministre de la Condition féminine Patty Hajdu révèleront le nom de la Canadienne emblématique qui figurera sur le prochain billet de circulation courante. (9 h (HE) approx.)

École publique Roberta Bondar – Activité (Vidéo)

Le gouverneur et la première sous-gouverneure ont parlé aux élèves de l’école publique Roberta Bondar et de l’École élémentaire publique Gabrielle-Roy de la consultation publique entourant le choix de la Canadienne qui figurera sur un billet.

Galerie d’images Une Canadienne sur un BILLET sur Flickr

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