Intervention sur le marché des changes

Si la Banque intervient sur le marché des changes, il en sera fait état ici.

Le montant de l’intervention est indiqué dans le rapport Réserves officielles de liquidités internationales, que le gouvernement du Canada publie tous les mois.

Politique d’intervention sur le marché des changes

Le marché des changes est parfois volatil, et il est possible que la Banque y intervienne au nom du gouvernement fédéral afin de contrer les mouvements déstabilisateurs à court terme du dollar canadien. Toute intervention est régie par la politique d’intervention sur le marché des changes du gouvernement fédéral, politique établie en consultation étroite avec la Banque.

La dernière intervention de la Banque pour influencer l’évolution du dollar canadien remonte à septembre 1998. Jusque-là, le Canada avait pour politique d’intervenir systématiquement sur le marché des changes afin de contrer de façon automatique les fortes pressions à la hausse ou à la baisse qui s’exerçaient sur le dollar canadien.

La politique a été changée en septembre 1998, car on estimait alors que les interventions visant à contrer les mouvements causés par des changements dans les facteurs fondamentaux étaient inefficaces. Le Canada a donc maintenant pour politique d’intervenir sur le marché des changes de façon discrétionnaire, plutôt que systématique, et seulement dans des circonstances tout à fait exceptionnelles.

La Banque pourrait envisager d’intervenir si des signes laissaient entrevoir une grave défaillance à court terme du marché du dollar canadien témoignant d’un manque important de liquidité (par exemple au cours d’une période où les prix sont extrêmement volatils et où les acheteurs ou les vendeurs désertent graduellement le marché). Une intervention pourrait aussi être considérée si des fluctuations extrêmes de la monnaie nationale mettaient sérieusement en péril les conditions nécessaires à une croissance soutenue de l’économie canadienne à long terme et que l’objet de l’intervention était de contribuer à stabiliser le cours de la monnaie et de signaler que les autorités sont prêtes à recourir à d’autres mesures au besoin.

Le Canada procède parfois à des interventions coordonnées avec d’autres pays. Par exemple, de concert avec la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon, la Banque du Canada est intervenue sur le marché des changes le 11 mars 2011 pour soutenir le yen.

Notez toutefois que la présente page Web couvre exclusivement les interventions visant à influencer les mouvements du dollar canadien.

Les modalités techniques d’une intervention

Les interventions sur le marché des changes sont menées par la Banque, à titre d’agent du gouvernement fédéral, en utilisant les réserves publiques de devises détenues dans le Compte du fonds des changes. Ce fonds se compose de dollars américains, d’euros, de livres sterling et de yens.

Si le gouvernement et la Banque souhaitent modérer la baisse du prix relatif de la monnaie canadienne, la Banque achète sur le marché des changes des dollars canadiens contre d’autres devises, surtout des dollars américains, provenant du Compte du fonds des changes. Cet achat stimule la demande de dollars canadiens sur le marché des changes et contribue à soutenir le cours du huard. Afin d’éviter que l’opération n’entraîne une réduction de l’offre de monnaie et ne crée une pénurie de dollars canadiens susceptible de faire monter les taux d’intérêt au pays, la Banque « stérilise » ses achats en injectant un montant équivalent de dollars canadiens dans le système financier.

Inversement, si le gouvernement et la Banque désirent ralentir le rythme auquel la monnaie nationale s’apprécie, la Banque peut vendre des dollars canadiens provenant de sa propre trésorerie en échange d’autres devises. Elle se trouve ainsi à accroître l’offre de dollars canadiens sur le marché des changes, ce qui freine dans une certaine mesure le mouvement à la hausse de notre monnaie. Pour « stériliser » l’effet de ces ventes de dollars canadiens (et prévenir des pressions à la baisse sur les taux d’intérêt au pays), elle retire le même montant de dollars canadiens du système financier. Les devises achetées en échange de dollars canadiens sont versées au Compte du fonds des changes.