La présente étude traite de la question de l'union monétaire européenne à partir d'une approche empirique. L'objectif principal de l'étude est d'évaluer le degré d'asymétrie des chocs affectant un ensemble de huit pays européens susceptibles de former le noyau d'une éventuelle union monétaire. Étant donné que la mesure qui importe le plus est le degré d'asymétrie des chocs réels, notre approche consiste à utiliser les fluctuations observées des taux de change réels comme un indicateur du degré d'asymétrie des chocs et d'en extraire les composantes réelles (qui sont permanentes) et les composantes nominales (qui sont transitoires) par le biais de l'information contenue dans les variations du taux de change nominal. La méthode de décomposition utilisée est celle recommandée par Blanchard et Quah (1989) et adaptée au cas des taux de change réels. De façon générale, les résultats démontrent que, même à court terme, les chocs réels constituent la principale source des fluctuations des taux de change réels. Les résultats suggèrent également que l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique pourraient former le noyau d'une union monétaire, alors que le Royaume-Uni et l'Espagne auraient à assumer des coûts d'ajustement importants. Quant aux autres pays inclus dans l'étude (la France, l'Italie et la Suisse), ils représentent des cas intermédiaires.