Cette étude examine l'hypothèse du surendettement du secteur privé, selon laquelle les ménages et les entreprises se trouvent en certaines circonstances surendettés et décident, pour cette raison, de réduire leurs dettes en diminuant leurs dépenses. Nous tentons de déterminer si cette hypothèse peut contribuer à expliquer la faiblesse de la croissance du crédit et l'atonie de la récente reprise économique au Canada.

Nous examinons l'hypothèse du surendettement à l'aide de trois approches. La première approche vise à vérifier l'existence de relations de cointégration entre les ratios d'endettement effectifs des ménages et des entreprises et les variables macro économiques (et démographiques) qui déterminent les ratios d'endettement de long terme. Les deux autres approches consistent à vérifier si les écarts entre l'endettement effectif et l'endettement de long terme des ménages et des entreprises ont des effets significatifs sur leur demande de crédit, d'une part, et sur leurs dépenses, d'autre part.

De façon générale, les résultats des tests de cointégration basés sur les erreurs d'estimation des équations de long terme ne sont pas très concluants, alors que les résultats obtenus à l'aide des deux autres approches sont plutôt favorables à l'hypothèse du surendettement. Selon les coefficients estimés à l'aide des modèles indicateurs, le surendettement des ménages et des entreprises aurait pu contribuer à limiter de façon significative le taux de croissance des dépenses de consommation et celui des dépenses d'investissement en 1991 et 1992. Le surendettement du secteur privé pourrait donc expliquer en partie le peu de vigueur de la reprise économique.