Dans la présente étude, les auteurs tentent de vérifier si le principal avantage du taux de change flexible entre le Canada et les États-Unis, qui est de permettre un ajustement rapide du taux de change réel après un choc asymétrique, se manifeste autant sur le plan régional que sur le plan national. Pour ce faire, ils essaient de déterminer si les chocs subis par les différentes régions canadiennes ont une composante commune significative et surtout si celle-ci est plus importante que la composante commune aux chocs subis par les États-Unis.

Dans une première étape, ils identifient dans les diverses régions canadiennes et aux États-Unis les chocs de demande réels et monétaires ainsi que les chocs d'offre, en imposant certaines restrictions aux effets que ces chocs peuvent avoir à long terme sur le niveau de la production, des prix et des encaisses réelles. Dans une deuxième étape, à partir de l'estimation d'un modèle d'espace d'état, les auteurs identifient, pour chacune des régions ainsi que pour les chocs réels d'offre et de demande examinés séparément, une composante commune à l'ensemble des régions canadiennes, une composante commune aux chocs américains et une composante spécifique à chaque région.

De façon générale, les résultats montrent que tous les types de chocs touchant les régions canadiennes sont statistiquement reliés à la composante commune canadienne des chocs et que, dans plusieurs cas, celle-ci dépasse en importance la composante spécifique. De plus, la composante commune canadienne est toujours beaucoup plus importante que la composante commune aux chocs américains.