L'auteur fait appel à une base de données microéconomiques très riche -- soit les données de l'enquête de Statistique Canada portant sur l'activité du marché du travail pour les années 1988 à 1990 -- afin d'établir si la probabilité de cesser d'être chômeur diminue à mesure que le chômage se prolonge. Il actualise et élargit les travaux analogues menés par Jones (1995) à l'aide des résultats de l'enquête de Statistique Canada relative aux années 1986 et 1987. Son analyse, qui repose sur l'estimation d'un modèle d'évaluation du risque, aboutit à des résultats qui appuient dans une certaine mesure l'existence d'une relation négative, au niveau microéconomique, entre la durée du chômage et la probabilité de cesser d'être chômeur, ce qui est conforme à l'hypothèse voulant que l'hystérèse soit due à l'érosion des compétences. À l'aide des estimations qu'il obtient au niveau microéconomique, l'auteur tente de chiffrer l'effet d'hystérèse dans le chômage au niveau macroéconomique. Selon ses résultats, l'effet d'hystérèse lié à l'érosion des compétences est très faible à l'échelle de l'économie et compterait pour moins de 0,1 point de pourcentage dans le taux de chômage global. La faiblesse de l'effet estimé pourrait expliquer que l'hystérèse soit si difficile à déceler au niveau macroéconomique. L'étude montre aussi que le versement de prestations d'assurance-chômage réduit la probabilité de cesser d'être chômeur et que les effets liés au salaire minimum exigé par un chômeur pour accepter un emploi ne semblent pas prolonger la durée du chômage.