Les résultats empiriques donnent à penser que, dans les pays en voie de développement, le taux de chômage et le ratio des exportations au PIB sont positivement corrélés à la dette extérieure. Les auteurs mettent au point un modèle dynamique qui explique cette relation. L'argument principal des auteurs est que les emprunts extérieurs agissent sur les profils du chômage et de la spécialisation en modifiant inégalement la structure du partage des risques (entre secteurs, entreprises et salariés). L'économie produit des biens pour la consommation intérieure et des biens pour l'exportation, et l'évolution des termes de l'échange est incertaine. Contrairement au cas des biens pour la consommation intérieure, le processus de production des biens pour l'exportation dure deux périodes et exige que les entreprises empruntent à la période un. Pour donner aux salariés l'assurance que leurs revenus ne fluctueront pas, les entreprises exportatrices préfèrent offrir un contrat implicite par l'entremise de salaires stables. Ce contrat leur permet de mettre des travailleurs à pied pendant les mauvaises périodes. Une hausse des emprunts à l'étranger amène les entreprises exportatrices à offrir des contrats salariaux à plus de travailleurs, augmentant ainsi la spécialisation dans le secteur d'exportation concerné. Au fur et à mesure que la main-d'oeuvre délaisse le secteur des biens pour la consommation intérieure pour le secteur de l'exportation, plus efficient, une détérioration des termes de l'échange donne lieu à des hausses de chômage plus importantes. Les auteurs exposent les conditions dans lesquelles une subvention éventuelle du côté des prix aura pour effet de réduire le taux de chômage sans réduire (de façon inefficiente) la spécialisation dans le secteur du bien jouissant d'un avantage comparatif.

Aussi publié sous le titre :

Review of International Economics (0965-7576)
Février 2004, vol. 12, no 1, p. 41-59