Le gouverneur de la Banque du Canada, M. Gordon Thiessen, a examiné aujourd'hui les répercussions sur l'économie canadienne et la politique monétaire des turbulences qui secouent l'économie mondiale et les marchés financiers internationaux. M. Thiessen a tenu ces propos lors d'une allocution qu'il a prononcée devant la Greater Victoria Chamber of Commerce.

Le gouverneur a souligné que, compte tenu de l'incertitude, du ralentissement de l'activité économique et du recul des cours des produits de base observés à l'échelle mondiale, le Canada se tire assez bien d'affaire.

« Il est important de se rappeler, a déclaré M. Thiessen, que le Canada est aujourd'hui en meilleure posture pour faire face à l'adversité. Et c'est en portant notre regard au delà des difficultés actuelles que nous pourrons distinguer les signes d'éclaircie qui pointent à l'horizon et ainsi retrouver la sérénité. »

S'il est vrai que l'incertitude qui persiste sur la scène internationale rend les prévisions économiques plus hypothétiques que d'habitude, certains facteurs demeurent encourageants, comme l'expansion soutenue que connaissent la plupart des grands pays industriels, d'affirmer M. Thiessen. L'économie américaine, en particulier, continuera de tourner à un régime relativement élevé, même si sa croissance devait ralentir. Il a ajouté que les craintes antérieures d'un « étranglement du crédit » s'étaient dissipées avec l'abaissement des taux d'intérêt et que les mesures adoptées par le Japon pour régler ses problèmes inspiraient un « optimisme prudent ».

M. Thiessen a mentionné que la chute marquée des cours des produits de base s'était traduite par une diminution des revenus et de la richesse des Canadiens. La Colombie-Britannique en particulier a été durement touchée, car c'est cette province, toutes proportions gardées, qui produit et exporte le plus des principales matières premières canadiennes. Il a fait remarquer que le régime de changes flottants du Canada avait aidé notre pays à s'ajuster au repli des prix des produits de base.

« Il nous aurait aussi fallu nous ajuster si le cours de notre monnaie avait été fixe. Mais alors le processus aurait été plus ardu, car il se serait opéré surtout par le truchement de pressions à la baisse sur la production, l'emploi et les salaires », a-t-il poursuivi.

M. Thiessen a reconnu que la faiblesse de la monnaie pouvait inciter les industries exportatrices à faire moins d'efforts pour améliorer leur productivité, mais il a précisé que cela serait davantage à craindre si cette faiblesse était attribuable à l'inflation.

« Mais ce n'est pas le cas au Canada en ce moment. Notre taux d'inflation est bas et stable, et la Banque du Canada s'est engagée officiellement à ce qu'il le demeure », a dit M. Thiessen, ajoutant qu'un climat de faible inflation est celui qui contribue le mieux à la croissance de la productivité en longue période.