Deux éléments ressortent de l'histoire monétaire récente du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande : d'une part, la sensibilité des devises de ces nations aux variations des cours des produits à base de matières premières; d'autre part, l'utilisation de cibles de maîtrise de l'inflation. L'auteur se penche sur différents aspects de ces phénomènes. Il met à profit des modèles empiriques standards et examine les différentes approches adoptées dans les trois pays relativement aux cibles d'inflation — notamment en consacrant une étude de cas à la crise financière internationale de 1998 — afin de déterminer dans quelle mesure un régime de changes flottants sert les intérêts d'une économie riche en ressources naturelles, et de quelle façon la politique monétaire doit être conduite lorsque les marchés des devises et des matières premières traversent des périodes de turbulence. L'auteur constate que les variations et les cycles marqués du cours des dollars canadien, australien et néo-zélandais ont favorisé la stabilité macroéconomique. Il semble également que l'approche la plus efficace en matière de politique monétaire consiste à maîtriser le taux d'inflation intérieur à moyen terme. Lorsque les marchés financiers subissent des crises de confiance comme celles qui ont sporadiquement secoué le dollar canadien durant la première moitié des années 1990, il est justifié de recourir à des mesures de politique monétaire à court terme afin de stabiliser les attentes. En dehors des situations de crise, les autorités monétaires n'ont généralement pas à se préoccuper du niveau du taux de change, dans la mesure où une politique crédible de faible inflation est poursuivie.