Dans les travaux consacrés récemment à la « nouvelle courbe de Phillips » (par exemple ceux de Galí, Gertler et López-Salido, 2001a), le coût marginal se voit attribuer un rôle important dans la mesure des pressions s'exerçant sur l'inflation. Édith Gagnon et Hashmat Khan tentent de déterminer si l'emploi de différentes mesures du coût marginal peut améliorer l'adéquation statistique de la nouvelle courbe de Phillips aux faits observés. En s'inspirant des recherches de Sbordone (2000), ils établissent les facteurs d'agrégation applicables selon que les entreprises utilisent une fonction de production à élasticité constante de substitution (CES) ou une fonction Cobb-Douglas dans laquelle une certaine quantité de main-d'oeuvre est affectée à des activités non directement liées à la production. Les auteurs estiment la nouvelle courbe de Phillips pour le Canada, les États-Unis et la zone euro. Voici les résultats qu'ils obtiennent à partir de la forme structurelle du modèle : i) si l'on ne fait appel à aucun facteur d'agrégation, la fréquence à laquelle les prix sont modifiés est très faible d'après les estimations et peu plausible – le recours à un facteur d'agrégation permet d'améliorer sensiblement l'adéquation de la nouvelle courbe de Phillips sur ce plan; ii) celle-ci rend également mieux compte de la réalité si la mesure du coût marginal est fondée sur une fonction de production CES plutôt que Cobb-Douglas, en particulier dans le cas du Canada et de la zone euro; iii) le poids accordé à la composante rétrospective de l'inflation est plus élevé dans le cas du Canada; iv) l'adoption d'un cadre d'économie ouverte n'aboutit pas à de meilleures estimations de la nouvelle courbe de Phillips dans le cas du Canada.

Aussi publié sous le titre :

European Economic Review (0014-2921)
Août 2005, vol. 49, no 6, p. 1571-1602