Dans cette étude, l'auteur décrit l'effet positif exercé par l'imposition des bénéfices des sociétés sur la formation de capital, dans un contexte de contraintes de liquidité et de risque non assurable. L'auteur utilise un modèle dynamique d'équilibre général dans lequel l'individu choisit de devenir travailleur ou entrepreneur. Les travailleurs investissent leur épargne dans des actifs financiers et sont en conséquence doublement imposés sur le revenu de celle-ci, d'abord au niveau de l'entreprise, ensuite au niveau personnel. Les entrepreneurs, en revanche, investissent leur épargne dans leur entreprise et ne sont donc imposés que sur le plan personnel. La différence de traitement fiscal se traduit par une augmentation de l'accumulation de capital parce que les entrepreneurs doivent se constituer une épargne afin de faire face à des contraintes de liquidité et de risque non assurable. Une version étalonnée du modèle a été utilisée pour quantifier les conséquences de l'élimination de l'impôt sur les bénéfices des sociétés. Il est intéressant de noter que l'élimination de cet impôt diminue la formation de capital. En effet, la suppression de la double imposition permet la hausse du rendement de l'épargne des travailleurs, ce qui fait baisser à son tour le nombre des entrepreneurs. Par voie de conséquence, le stock de capital décroît, car les entrepreneurs ont un taux marginal d'épargne supérieur à celui des travailleurs puisqu'ils doivent épargner non seulement pour des motifs liés au cycle de vie, mais aussi pour s'auto-assurer contre le risque inhérent à l'entreprise dont il leur faut également financer le démarrage et l'activité.

Aussi publié sous le titre :

Business risk, credit constraints, and corporate taxation
Journal of Economic Dynamics and Control (0165-1889)
Septembre 2008, vol. 32, no 9, p, 2971-3008