Hier, nous avons publié la livraison d'octobre du Rapport sur la politique monétaire, dans laquelle la Banque examine les tendances économiques et financières dans l'optique de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

L'économie canadienne a connu une croissance robuste depuis le début de l'année et fonctionne maintenant assez près des limites de sa capacité. La hausse des prix à la consommation a dépassé la cible de 2 % et devrait s'accentuer encore d'ici la fin de l'année en raison de l'augmentation des prix du pétrole et d'autres variations des prix relatifs. Du point de vue de la politique monétaire, il est important que ces effets ponctuels et limités à certains prix ne provoquent pas une montée généralisée des prix et des salaires.

Au cours de la dernière année, l'économie canadienne a progressé plus rapidement que celle de tous les autres pays du G7. Son rythme d'expansion a dépassé 5 % en chiffres annuels au premier semestre de 2002, ce qui est bien supérieur à celui de la production potentielle. Nous estimons que l'activité s'est accrue d'environ 4 % en taux annualisé au troisième trimestre. Il y a donc eu une diminution appréciable de la marge de capacités inutilisées depuis le début de l'année.

En ce qui concerne l'avenir, la croissance devrait se modérer au Canada au cours des trois prochains trimestres, sous l'effet de l'incertitude qui règne sur la scène économique, financière et géopolitique. Nous pensons maintenant qu'elle se situera aux alentours ou légèrement en deçà de la limite inférieure de la plage de 3 à 4 % que nous avancions dans notre dernière Mise à jour.

Il ne faut pas oublier que l'écart de production est très petit. En supposant que les incertitudes qui assombrissent les perspectives se dissipent au second semestre de l'an prochain, le rythme d'expansion de l'activité devrait alors s'accélérer et dépasser celui de la production potentielle, absorbant ainsi le reste de la faible marge de capacités inutilisées.

L'inflation mesurée par l'indice de référence de la Banque est plus élevée que nous l'avions projeté. Cette situation tient en bonne partie aux fortes augmentations des primes d'assurance habitation et d'assurance automobile et au bond des prix de l'électricité en Ontario. La demande vigoureuse de logements exerce également des pressions à la hausse sur l'inflation mesurée par l'indice de référence.

Tout compte fait, on s'attend à ce que l'inflation mesurée par l'indice de référence culmine à près de 3 % d'ici la fin de l'année. Mais, à mesure que l'influence des facteurs ponctuels que je viens de mentionner s'estompera, et à la condition que ces facteurs n'alimentent pas une montée généralisée des prix et des salaires, l'inflation mesurée par l'indice de référence devrait reculer au second semestre de 2003.

Il faut se rappeler que l'économie canadienne fonctionne maintenant non loin des limites de sa capacité. Pour soutenir une croissance non inflationniste, nous devrons continuer de réduire le degré de détente monétaire avant que les capacités inutilisées soient complètement absorbées. Le rythme et l'ampleur des mesures prises en ce sens dépendront de l'équilibre des forces internes et externes à l'oeuvre au sein de l'économie et de ses implications pour les pressions s'exerçant sur l'appareil de production et l'inflation au pays.

Sheryl et moi nous ferons maintenant un plaisir de répondre à vos questions.