Dans un discours prononcé aujourd'hui au Speakers Forum, le gouverneur de la Banque du Canada, M. David Dodge, a déclaré que le cadre de mise en oeuvre des politiques macroéconomiques du Canada protège le pays contre une inflation élevée et persistante et contre la menace d'une déflation.

M. Dodge a souligné que les taux d'inflation enregistrés récemment au Canada ont été supérieurs aux prévisions. Par ailleurs, on observe une faiblesse de la demande et un recul des prix de certains biens dans d'autres pays, ce qui fait craindre une déflation.

« Nous visons à maintenir la hausse tendancielle des prix à la consommation (au Canada) à 2 %, soit le point médian d'une fourchette cible de 1 à 3 %, a dit M. Dodge. Je vous donne l'assurance que la Banque du Canada va continuer à conduire la politique monétaire de façon à toujours ramener le taux d'inflation à cette cible de 2 % en cas d'écart, dans un sens comme dans l'autre. » La Banque interviendra afin d'empêcher que les taux d'inflation élevés que l'on connaît actuellement ne se répercutent sur les attentes d'inflation. Elle suivra également de près toutes les mesures des pressions qui s'exercent sur l'appareil de production, a-t-il ajouté.

« Il faut se rappeler que les conditions monétaires restent expansionnistes, a précisé le gouverneur. Pour que l'inflation revienne à la cible de 2 % à moyen terme, il sera nécessaire de réduire la détente en place. Autrement dit, nous devrons majorer les taux d'intérêt. »

M. Dodge a déclaré que les perspectives de l'économie canadienne demeurent tributaires de l'évolution de la situation à l'étranger. On s'attend à ce que le niveau des primes de risque exigées sur les marchés financiers continue de diminuer, ce qui favorisera un climat plus propice aux investissements des entreprises. Toutefois, la possibilité d'une guerre au Proche-Orient demeure la principale source d'incertitude sur le plan géopolitique.

La Banque prévoit que le rythme d'expansion de l'économie sera inférieur à celui de la production potentielle durant la première moitié de 2003, mais que les pressions de la demande s'intensifieront au second semestre de l'année et en 2004, à mesure que les incertitudes liées à la conjoncture internationale perdront en intensité. L'inflation devrait demeurer bien au-dessus de la cible de 2 % dans les six premiers mois de 2003, en raison principalement de certains facteurs ponctuels. Cependant, l'inflation mesurée par l'indice de référence devrait fléchir au second semestre et en 2004, à mesure que les effets de ces facteurs ponctuels s'estomperont, et à la faveur de mesures appropriées de politique monétaire, qui contribueront à contenir les pressions de la demande.