La prise en considération du risque opérationnel s'est grandement améliorée ces dernières années tant chez les institutions financières que dans les systèmes de paiement et de règlement. Ces systèmes se composent de réseaux d'éléments interconnectés (opérateurs centraux, participants et agents de règlement), et les problèmes opérationnels associés à chacun des éléments clés peuvent perturber l'ensemble du système et avoir des retombées négatives sur la stabilité financière du pays.

Ce document débute par une description des éléments clés des principaux systèmes canadiens et un exposé du rôle de surveillance que joue la Banque du Canada dans ce domaine. Puis, l'auteure expose une méthode pouvant servir à estimer et à gérer le risque opérationnel auxquels les systèmes de règlement et de compensation sont confrontés au Canada.

L'approche en question repose sur une définition cohérente du risque opérationnel applicable aux divers éléments des systèmes de paiement et de règlement. Elle utilise une méthodologie récente inspirée du mode de gestion du risque opérationnel dans les institutions financières. Connue sous le nom d'approche de distribution des pertes, cette méthode permet d'estimer les risques en fonction, d'une part, des conséquences potentielles de situations telles que les problèmes systémiques, les erreurs humaines, le non-respect de certaines exigences juridiques ou procédures, certains événements externes, etc. et, d'autre part, de la probabilité et de la fréquence de ces situations.

Une fois que seront constituées les bases de données relatives au risque opérationnel, où seront consignées la fréquence et la gravité des événements d'ordre opérationnel, il sera possible d'estimer certaines parties de la distribution des pertes subies par les systèmes de paiement et de règlement. En attendant, il faudra compter sur les analyses qualitatives des experts du secteur opérationnel pour évaluer l'impact possible et la fréquence des événements affectant les divers aspects des systèmes de paiement et de règlement.

Dans l'environnement financier en pleine évolution d'aujourd'hui, on espère pouvoir mettre cette méthodologie à contribution pour compléter les éléments de base de la gestion du risque opérationnel tels que le régime de gestion des sociétés, les contrôles internes, les politiques et procédures, les compétences du personnel, les plans d'urgence.