La meilleure façon de promouvoir une croissance soutenue est de s'en tenir à un cadre de conduite des politiques économiques qui a fait ses preuves, a déclaré aujourd'hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. David Dodge. Dans un discours prononcé devant l'Association bancaire italienne, ce dernier a insisté de nouveau sur l'importance de ne pas déroger au cadre que le Canada et les autres grands pays industriels ont entériné durant les années 1980.

Selon le gouverneur Dodge, le Canada a bénéficié de la mise en oeuvre de politiques saines dans quatre domaines majeurs, à savoir la politique monétaire, la politique budgétaire, la libéralisation des échanges commerciaux et la réforme des structures. Il a affirmé que les gains que le Canada réalise aujourd'hui lui donnent confiance en la valeur des principes appliqués dans ces quatre domaines. Malgré les récentes difficultés économiques à l'échelle mondiale, « l'économie canadienne est demeurée vigoureuse. Et la plupart des prévisionnistes s'attendent à ce que nous affichions la plus forte croissance parmi les pays membres du G7 encore une fois
cette année », a-t-il ajouté.

« Étant donné toute l'incertitude qui pèse sur l'économie mondiale, il est plus important que jamais que les différentes autorités nationales s'en tiennent à ce cadre de politique. Ce n'est qu'en tenant notre cap que nous pourrons établir solidement les bases d'une croissance soutenue à long terme », a fait valoir M. Dodge.

En ce qui concerne la tenue actuelle de l'économie canadienne, le gouverneur a signalé que l'inflation au Canada s'est maintenue ces derniers mois au-dessus de la cible de 2 % que poursuit la Banque et que la politique monétaire demeure expansionniste. « Par conséquent, de nouvelles réductions de la détente monétaire seront nécessaires à l'avenir pour ramener l'inflation, à moyen terme, à la cible », a-t-il précisé. Pour déterminer le moment et le rythme auxquels s'opérera la hausse des taux directeurs, la Banque continuera de surveiller de près l'inflation, les attentes d'inflation, le degré de confiance des entreprises et la situation géopolitique.

M. Dodge a déclaré que la Banque prévoit toujours que l'expansion sera quelque peu inférieure au taux de croissance de 3 % de la production potentielle au premier semestre de 2003, mais qu'elle s'accélérera au second à mesure que les incertitudes sur la scène mondiale s'estomperont. Elle s'attend à ce que l'économie continue de tourner près des limites de sa capacité en 2003 et en 2004.

Dans cette allocution, le gouverneur reprenait pour l'essentiel les propos qu'il a tenus le 12 mars devant la Chambre de commerce Canada–Royaume-Uni à Londres, en Angleterre.