La livraison du printemps de notre Rapport sur la politique monétaire paraît aujourd'hui. Dans ce document, la Banque examine les tendances économiques et financières récentes dans l'optique de sa stratégie de maîtrise de l'inflation au Canada.

Tout d'abord, j'ai le grand plaisir de vous présenter M. Paul Jenkins, qui a récemment été nommé au poste de premier sous-gouverneur de la Banque. Paul possède une excellente compréhension non seulement des questions liées à l'économie et à la politique monétaire, mais aussi de la Banque du Canada et de ses employés. Je sais que, grâce à son leadership dynamique, il aidera la Banque à poursuivre sa tradition d'excellence et à promouvoir le bien-être économique et financier du pays.

Depuis le Rapport sur la politique monétaire d'octobre 2002, tant l'inflation mesurée par l'IPC global que celle mesurée par l'indice de référence ont été de beaucoup supérieures à la cible de 2 % que nous visons. Dans ce contexte, les attentes d'inflation affichent une certaine hausse.

Compte tenu de la situation de l'inflation au pays et de la vigueur sous-jacente de la demande intérieure, nous avons relevé le taux cible du financement à un jour de 25 points de base à chacune des deux dernières dates d'annonce, et avons ainsi porté ce taux à 3 1/4 %.

La grande incertitude économique, financière et géopolitique observée à l'échelle de la planète a été un trait dominant des six mois qui viennent de s'écouler. Les inquiétudes d'ordre géopolitique et financier se sont dissipées en partie ces derniers temps, et la Banque prévoit qu'elles continueront de le faire. Le climat économique mondial demeure toutefois incertain à court terme et, au Canada, on ignore encore quelles répercussions le syndrome de détresse respiratoire aiguë pourrait avoir sur l'activité, surtout dans la région du Grand Toronto. Dans l'ensemble, les risques auxquels fait face l'économie mondiale semblent mieux équilibrés maintenant que l'automne dernier; de plus, la confiance des consommateurs et des entreprises devrait s'être redressée d'ici la fin de l'année.

L'activité devrait se renforcer vers la fin de 2003 et tout au long de 2004, particulièrement en Amérique du Nord. Au Canada, la faible marge de capacités excédentaires qui est susceptible d'apparaître au cours de cette année aura en grande partie disparu avant la fin de 2004.

L'inflation mesurée par l'indice de référence devrait se maintenir aux alentours de 3 % jusqu'au milieu de 2003 et redescendre à environ 2 % dès le début de 2004. Pour sa part, l'inflation mesurée par l'IPC global continuera d'être fortement influencée par les cours du pétrole brut.

La Banque estime encore qu'il lui faudra réduire davantage le degré de détente monétaire à l'avenir pour ramener le taux d'inflation à la cible de 2 % et faire en sorte que la production demeure près des limites de la capacité. Le moment et l'ampleur des nouveaux relèvements du taux directeur dépendront de la robustesse de la demande intérieure, de l'évolution des attentes d'inflation et aussi du rythme de l'expansion économique aux États-Unis et dans les pays d'outre-mer.