Les auteurs étudient l'incidence macroéconomique d'un essor des dépenses militaires à l'aide d'un modèle de la nouvelle synthèse néoclassique qui allie des rigidités nominales à une situation de concurrence monopolistique sur les marchés des biens et du travail. Ils constatent que les prévisions de ce modèle concernant le sens, le moment et l'ampleur de la réaction du nombre d'heures travaillées, du salaire réel disponible et de la production à une poussée des dépenses militaires sont conformes à la réalité. Leurs conclusions s'appuient principalement sur le fait que : i) l'inflexibilité des prix nominaux entraîne des variations du ratio du prix au coût marginal; ii) les contrats fixant les salaires nominaux sont échelonnés dans le temps; iii) les taux marginaux d'imposition peuvent varier d'une période à l'autre. Contrairement au modèle néoclassique habituel, celui de la nouvelle synthèse néoclassique explique de façon satisfaisante les effets macroéconomiques de l'accroissement des dépenses militaires lorsqu'il y a distorsion fiscale.