À la lumière de la littérature théorique et empirique, l'auteure examine le paradigme traditionnel voulant qu'il existe un arbitrage entre l'efficience économique et la stabilité du système bancaire. Un système bancaire concurrentiel serait en effet plus efficient et contribuerait ainsi à la croissance, mais, pour que le système jouisse d'une certaine stabilité, les banques doivent aussi posséder un pouvoir de marché. L'existence de cette relation d'arbitrage n'est pas clairement établie. Le pouvoir de marché peut avoir des répercussions positives sur l'efficience, alors que les retombées potentiellement négatives de la concurrence sur la stabilité pourraient être contenues grâce à une réglementation prudentielle. Ni la concurrence parfaite ni le monopole ne représente vraisemblablement un idéal. La solution optimale est peut-être de promouvoir un environnement qui favorise la concurrence (ou la contestabilité du marché), afin de réduire au minimum les coûts potentiels du pouvoir de marché tout en tirant parti des avantages de tout pouvoir résiduel. Il n'est pas facile d'évaluer la contestabilité d'un marché bancaire. Des travaux récents donnent à penser que le nombre de banques et le degré de concentration ne constituent pas en eux-mêmes de bons indicateurs de la contestabilité. D'autres facteurs jouent un rôle important, notamment l'existence de réglementations qui encouragent la concurrence et d'un système financier bien développé, les effets de la présence de réseaux de succursales, de même que l'incidence des innovations technologiques et le rythme auquel elles se répandent.