Monsieur le Président, distingués membres du Comité, bonjour. Nous apprécions la possibilité que nous avons, deux fois l'an, de venir ici à la suite de la parution du Rapport sur la politique monétaire pour livrer aux députés de la Chambre et, par votre entremise, à tous les Canadiens, notre point de vue sur l'économie. Ces séances nous aident à faire connaître l'objectif de la politique monétaire et les mesures que nous prenons pour l'atteindre.

Depuis la dernière fois que nous nous sommes présentés devant vous, nous avons eu le plaisir d'émettre le nouveau billet de 20 dollars canadien, qui est doté d'éléments de sécurité perfectionnés et qui a été mis en circulation le 29 septembre.

Jeudi dernier, nous avons publié la livraison d'octobre du Rapport sur la politique monétaire, dans laquelle la Banque examine les tendances économiques et financières dans l'optique de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

Lorsque Paul et moi nous sommes adressés à votre comité, en avril dernier, nous vous avons informés que l'économie tournait, selon nous, bien en deçà de son potentiel. Ce n'est plus le cas maintenant parce que l'économie canadienne a progressé plus rapidement qu'on ne s'y attendait dans le Rapport d'avril et dans la Mise à jour de ce dernier parue en juillet. Cette accélération est principalement due à l'essor vigoureux des exportations. L'économie fonctionne maintenant près des limites de sa capacité et continue de s'ajuster à l'évolution de la conjoncture internationale.

Dans son scénario de référence, la Banque prévoit que, d'ici la fin de 2006, la demande globale de produits et services canadiens augmentera en moyenne au même rythme environ que la production potentielle. Étant donné les effets de la hausse des prix du pétrole et de l'appréciation passée du dollar canadien, la Banque s'attend à ce que la croissance soit légèrement inférieure à 3 % en 2005 et légèrement supérieure à ce niveau en 2006.

Comme l'économie tournera probablement près des limites de sa capacité durant toute cette période, la Banque croit que l'inflation mesurée par l'indice de référence remontera à la cible de 2 % d'ici la fin de 2005. Cette prévision est identique à celle que nous avons formulée en avril dernier. Toutefois, si les cours du pétrole brut suivent la trajectoire indiquée par les prix actuels des contrats à terme, la Banque estime que le rythme de progression de l'IPC global montera à la limite supérieure de la fourchette cible de 1 à 3 % au premier semestre de 2005, pour ensuite descendre un peu au-dessous de celui de l'indice de référence au début de 2006.

Dans ce contexte, la Banque a décidé de porter le taux cible du financement à un jour à 2,5 % le 19 octobre. Son scénario de référence suppose que de nouvelles réductions du degré de détente monétaire seront nécessaires au fil du temps, pour permettre à l'économie de tourner près des limites de sa capacité et maintenir l'inflation au taux visé. Je tiens à souligner que le rythme des hausses des taux d'intérêt dépendra de l'évaluation que la Banque fera des perspectives d'évolution des facteurs qui déterminent les pressions s'exerçant sur l'appareil de production et, partant, sur l'inflation.

Ces prévisions sont entachées de risques et d'incertitudes appréciables concernant les ajustements de l'économie à la conjoncture internationale, notamment aux variations des prix des produits de base et des taux de change. Les risques qui pèsent sur les perspectives de croissance de l'économie mondiale touchent principalement à l'évolution des prix du pétrole, au rythme de l'expansion en Chine, à la façon dont les déséquilibres des paiements courants seront corrigés aux États-Unis et en Asie de l'Est et au climat géopolitique.

Monsieur le Président, Paul et moi nous ferons maintenant un plaisir de répondre à vos questions.