La Banque du Canada est l'une des rares banques centrales à mettre à la disposition des chercheurs des statistiques sur le moment de la journée où ses interventions ont lieu sur le marché des changes. Les auteurs évaluent l'efficacité des interventions stérilisées menées sur le marché du dollar canadien entre janvier 1995 et septembre 1998. Privilégiant une approche événementielle et retenant différents critères de réussite, ils utilisent des données tant quotidiennes qu'intrajournalières sur les interventions et le taux de change. La période examinée englobe deux régimes distincts : l'un se caractérise par des interventions automatiques et l'autre par des interventions discrétionnaires. Les auteurs prennent aussi en compte l'incidence des covariations générales des monnaies en faisant porter leur analyse à la fois sur le taux de change $ CAN/$ É.-U. directement observé et sur une variante de celui-ci corrigé des covariations d'autres monnaies par rapport au dollar américain. Lorsqu'ils se servent de données intrajournalières pour étudier l'évolution du taux de change avant et après l'intervention, les auteurs constatent que celle-ci a un effet systématique dans le sens souhaité sur les mouvements du dollar canadien; certains résultats laissent également croire que l'intervention s'accompagne d’une réduction de la volatilité du taux de change. Lorsque les données utilisées sont quotidiennes, l'intervention semble donner les effets voulus. Ceux-ci s'atténuent cependant dès que l'on tient compte des covariations des monnaies vis-à-vis du dollar américain.